dimanche 2 juin 2024

L'IA peut-elle être une solution face au problème environnemental ?

L’IA peut-elle être une solution face au problème environnemental ?

Telle était la question à laquelle nous avons été invités à participer à creuser samedi dans le cadre de l’événement IAgoraFestival, avec Caroline Jean-Pierre et Nicolas Rochet de Data4Good, ainsi que Renaud Héluin de GreenIT.fr, avec une modération de Thierry Calvat.

Vaste sujet ! S’il fallait résumer la convergence de nos points de vue, on arriverait à ceci :

1️⃣ - “L’IA” represente plusieurs types de technologies. Aujourd’hui, le grand public pense aux LLM tels que popularisés par ChatGPT, mais les outils de big data existent depuis longtemps. Ils ne nécessitent pas tous autant de ressources (machines et énergie), donc il ne faut pas forcément les mettre dans le même sac

2️⃣ - Il y a des usages de ces outils qui sont bénéfiques pour le climat et le respect des limites planétaires. J’ai bien sûr cité en premier ceux utilisés par les scientifiques pour modéliser le système climatique et étudier les possibilités offertes par l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, mais aussi l’étude de la biodiversité, etc.

3️⃣ - Mais il faut bien reconnaître que l’IA dont on parle au quotidien, pose plusieurs problèmes : c’est la plus consommatrice de ressources, c’est celle qui pousse à consommer plus d’énergie, construire plus de datacenters, rend obsolète plus de machines qui finissent à la décharge et sont très mal recyclées. Et là, il est très peu probable que ce soit utilisé pour répondre aux défis climatiques et de la biodiversité : leur usage, c’est d’accélérer un monde extractiviste et générer de la croissance, comme si elle était possible à l’infini dans un monde fini. Mais non, les ressources matérielles et l’énergie sont limités sur la planète Terre !

4️⃣ - Là où se font les investissement de l’IA, c’est principalement chez META (Facebook, Instagram, etc.), chez Microsoft (pour ChatGPT) et Google (pour mettre de l’IA dans son moteur de recherche). Ces milliards d’investissements ne vont pas au CNRS ou a l’INRIA, au GIEC ou à l’IPBES (le GIEC de la biodiversité). Et le passage à l’échelle, qui consiste à fournir des service d’IA générative (type ChatGPT) à plusieurs milliards d’internautes va augmenter de façon dramatique la consommation de ressources.

5️⃣ - Il y a urgence à agir. Pour la France, respecter l’Accord de Paris, c’est diviser par 5 nos émissions, et passer en moyenne de 10 tonnes de CO2e à 2 tonnes. Ça fait 34 ans que le GIEC[1] a sorti son premier rapport, et nos émissions de GES ne font qu’augmenter. On peut toujours croire que l’IA va sortir l’humanité de ce problème, mais aujourd’hui, les investissements vont dans le sens d’une accélération du “business as usual”, pas dans un changement de trajectoire, pourtant bigrement nécessaire.

(Crédit photo : James Martin, que je remercie au passage ! Un grand merci aussi à l’équie d’IAgora, dont Carine Sit, pour leurs effort et leur invitation : l’événement était de grande qualité !)

Note

[1] Et 52 ans que le rapport du Club de Rome, Les limites à la croissance est sorti, me rappele-t-on sur Mastodon.

mardi 28 mai 2024

JDLL 2024 : une édition réussie !

Jardins ENS Lyon, mai 2024

Ce week-end, c’était les JdLL, les Journées du Logiciel Libre à Lyon, événement libre et gratuit qui se tient chaque année dans la capitale des Gaules. L’événement doit approcher le quart de siècle (ça ne nous rajeunit pas !) et j’ai du participer à la majorité des éditions. Cette année, après une longue période à la maison des Rancy, c’est un peu l’année du renouveau, puisque l’événement a pu profiter de l’hospitalité de l’ École normale supérieure de Lyon, on les remercie vivement, ainsi que toute l’équipe de bénévoles qui a rendu cette édition possible. Un amphi, quelques salles de classe, un espace buvette et trois salles pour le village associatif, avec un superbe jardin (photo ci-dessus) et un temps de printemps, tout était au service d’une programmation de conférences et d’ateliers qui rendaient le choix de son emploi du temps fort difficile.

J’ai bien sûr retrouvé toutes les personnes au service des belles idées du logiciel libre et des communs numériques. Framasoft, Wikipedia, the Free Encyclopedia France, OpenStreetMap, les associations locales pour un internet libre, les entreprises de l’open source et des communs numériques, tous ou presque avaient répondu présents.

À ma connaissance, c’était la première fois que la Direction interministérielle du numérique (DINUM) était présente aux JDLL, avec les excellents Samuel Paccoud et Virgile Deville.

Elle y a fait forte impression avec la suite numérique, démontrant comment elle utilise, héberge, déploie du logiciel libre à l’attention des agents de l’État, mais aussi contribue du code et même, avec l’annonce du guichet, comment elle va contribuer financièrement aux communautés du logiciel libre et des communs numériques.

Les conversations allaient bon train autour des stands, à la buvette (forcément), au food truck, dans le jardin, dans les couloirs, entre retrouvailles de libristes et débats passionnés sur les enjeux du numérique. Ironiquement, les JDLL se tenaient dans la foulée de Vivatech, mais loin d’une quelconque concurrence, JDLL se tenait à l’autre bout du spectre, avec une vision enthousiasmante du monde numérique porteuse d’espoir où chacun peut être un acteur et contributeur plutôt que se cantonner au simple rôle de consommateur.

Vivement l’années prochaine, en éspérant que l’ENS Lyon veuille bien accueillir à nouveau l’événement dans ces sympathique locaux !

jeudi 23 mai 2024

Comment l'IA et Windows 10 annulent les efforts de Microsoft pour le climat

Hier, j’ai publié ce billet sur LinkedIn. Il mérite sa place ici aussi, sur le Standblog.

Une annonce mirifique de Microsoft qui a bien mal vieilli, mai 2024

Les dirigeants de Microsoft annonçant la neutralité carbone en 2030. Source

Microsoft President Brad Smith, Chief Financial Officer Amy Hood and CEO Satya Nadella preparing to announce Microsoft’s plan to be carbon negative by 2030. (Jan. 15, 2020/Photo by Brian Smale)

En 2020, Microsoft annonçait une réduction massive de ses émissions de gaz à effet de serre au point qu’elles pourraient être réduite à zéro en 2030. C’était vraiment en avance de phase par rapport aux autres géants du numérique, et c’était une très bonne nouvelle.

Enfin… jusqu’à ce qu’il se passe deux choses :

1 - ils arrêtent de supporter Windows 10 l’année prochaine. Les utilisateurs de Windows 10 vont donc devoir passer à Windows 11. Le souci, c’est que ce dernier ne fonctionne qu’avec certaines puces de dernière génération. En fait, Microsoft a décidé de rendre incompatible Windows 11 avec des dizaines de modèles de processeurs Intel. Une étude de Canalys démontre ainsi que 240 millions de PC deviendraient obsolètes le jour où Windows 10 ne sera plus maintenu. Ce sont donc des centaines de millions de machines en bon état de fonctionnement qui vont venir polluer la planète. Et autant de machines neuves qu’il faudra fabriquer pour les remplacer ! Pas loin d’un million de tonnes de matériel et donc de déchets électroniques très polluants et quasi impossibles à recycler seront générés par une décision d’une entreprise qui fait… du logiciel !

Pour moi, c’est juste incompréhensible de faire passer comme progrès ce qui est en fait un scandale écologique à l’échelle planétaire.

On aurait pu croire qu’ils allaient s’arrêter là. Sauf que non :

2 - Alors que leurs émissions de gaz à effet de serre avaient été réduites, leurs investissements massifs dans l’IA les ont fait repartir à la hausse. En effet, la fabrication de nombreux datacenters, de milliers de serveurs mais aussi les quantités phénoménales d’énergie pour faire tourner l’IA (entrainement et inférence) sont bien sûr sources de carbone.

Alors on se demande où sont passées les bonnes résolutions de Microsoft quant à leur empreinte carbone ? Ça va donner quoi en termes de réputation ? Comment ça va se refléter sur le cours de l’action ?

Emission de GES de Microsoft : prévues vs effectives, mai 2024

Ailleurs

mercredi 22 mai 2024

En vrac de mai 2024

Loi de Moore et loi d’erooM

Très en vrac

  • We Need To Rewild The Internet , par Robin Berjon. Une merveille, ce papier !
  • C’est vieux mais c’est excellent : This is not fine, le fameux même du chien dans la maison qui brûle et qui affirme “This is fine” (“tout va bien”), mais revisité.
  • L’histoire inspirante de Gianluca Grimalda, ce chercheur viré pour avoir refusé de prendre l’avion; avec cette citation qui vaut de l’or : « J’ai vraiment eu 99,99 % d’interactions positives avec les personnes croisées. Je suis vraiment d’accord avec le journaliste George Monbiot quand il dit que nous sommes une société d’altruistes gouvernés par des psychopathes. »
  • C’est vieux mais c’est par Tim Berners-Lee, donc c’est bon ! Marking the Web’s 35th Birthday: An Open Letter . “Underlying its whole infrastructure was the intention to allow for collaboration, foster compassion and generate creativity — what I term the 3 C’s. It was to be a tool to empower humanity. The first decade of the web fulfilled that promise — the web was decentralised with a long-tail of content and options, it created small, more localised communities, provided individual empowerment and fostered huge value. Yet in the past decade, instead of embodying these values, the web has instead played a part in eroding them.” Après, Sir Tim va vers le protocole Solid, sujet qui m’a été cher pendant des années, mais auquel je ne crois plus guère.
  • Praticable (ex-Collectif BAM), c’est fini. C’est dommage, mais au moins c’est fait proprement. Merci à eux pour le travail accompli. Parmi les choses qu’on leur doit, leur excellente Inspirothèque des limites numériques ;
  • Un tiers du trafic Internet pollué par les bots malveillants. 50% du trafic vient des humains, 17% vient des robots de Google et de Bing (et autres moteurs de recherche) et presque 33% des “bad bots” pour “récupérer des données, tenter de se connecter à des services sans accès légitime, revendre des produits avec une marge (scalping), monter des fraudes sur la publicité online ou simplement dégrader les performances d’un site confronté à un afflux de requête” ;
  • Pouvons-nous faire décroître l’économie ?, un documentaire sur Arte d’une durée de 25 mn. Très bonne introduction à la décroissance. Chaudement recommandé !
  • Plus de 300 scientifiques du climat terrifiés par l’avenir de la planète : “Le journal britannique The Guardian a interrogé 380 des plus grands scientifiques du climat. Selon la majorité d’entre eux, la température moyenne sur la planète va augmenter d’au moins 2,5 °C, avec des conséquences désastreuses.”
  • The State of the Culture, 2024a une thèse super intéressante. Il y a des gens qui font de l’art, mais c’est pas facile de trouver de l’audience. D’autres font du divertissement, qui est une forme d’art, mais qui a vocation de plaire à l’audience. Donc le divertissement, qui est devenu une industrie, dévore l’art. Sauf que l’industrie du divertissement (séries, films) est en crise car elle est remplacée par le modèle de la distraction. Les applications type Tiktok, ou les Reels des autres applications (Youtube, Facebook, etc.) qui dérive doucement vers le modèle de l’addiction, qui repose sur le phénomène de la dopamine. Cette mise en perspective Art -> Divertissement -> Distraction -> Addiction. Sauf qu’à force de scroller, on arrive à une overdose de dopamine qui mène à un état appelé Anhédonie, “l’incapacité d’un sujet à ressentir des émotions positives lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes.” Et non, ça n’est pas une bonne nouvelle pour la qualité de la culture. Ou de la société.

Transports

Retrocomputing

IA

  • C’est la fin des recherches Google que nous connaissons “Dès le 14 mai, tous les utilisateurs américains peuvent activer AI Overviews. Ils ne verront plus les résultats sous la forme de listes, mais un résumé par une intelligence artificielle”. “D’ici la fin de l’année 2024, Google dit qu’un milliard de personnes auront accès aux recherches résumées par IA”. Depuis des années, Google Search est passé d’une approche “moteur de recherche” qui listait les meilleurs sites Web où se trouve la réponse à “moteur de réponses”, avec des réponses natives extraites soit de services Google (souvent mises en avant) soit d’extraits de sites avec possibilité de cliquer pour visiter le site d’origine.
  • J’ai regardé une vidéo : Mark Zuckerberg - Llama 3, $10B Models & 1 GW Datacenters. Il discute la possibilité de faire des datacenters pour entrainer de l’IA qui consomment 1 GigaWatt chacun et d’y investir de l’ordre de 10 milliards de dollars. Il discute aussi de quand va s’arrêter la croissance exponentielle de l’IA. Aucune considération de l’impact environnemental dans son discours (à moins d’un oubli de ma part). Personne ne lui a parlé de l’accord de Paris ? De l’obligation de descendre rapidement à 2 tonnes d’équivalent CO2 ? Lunaire.
  • AI isn’t useless. But is it worth it? par Molly White.
  • IA, est-ce seulement souhaitable ?, par les copains et copines du Mouton Numérique, comme en écho au lien ci-dessus.
  • Oh, ça a l’air intéressant, ça : Auphonic, Your AI sound engineer for podcasts. Mais quid de l’empreinte écologique de la chose ?

Dix bonnes pratiques de communication sur le climat

Une petite merveille qui cristallise sur ce que j’ai appris en discutant écologie autour de moi : Infographie : 10 bonnes pratiques de communication sur le climat. Les voici :

  1. Instaurer les conditions d’un dialogue
  2. Entamer le dialogue par ce qui vous rapproche
  3. Partir du quotidien
  4. comprendre ce qui va bloquer chez votre interlocuteur
  5. Être alarmant sans être alarmiste
  6. Être honnête
  7. Le climat n’est pas qu’un problème d’écologistes
  8. Insister sur les co-bénéfices
  9. Tout le monde peut agir, à son échelle
  10. Cohérence et exemplarité

mardi 16 avril 2024

En vrac d'avril 2024

Portrait de Tristan avec son vélo pliant

  • Le tout premier baromètre de l’ADEME sur la sobriété semble nous montrer de bonnes nouvelles ! Les Français se pensent-ils sobres ? “83 % des Français considèrent qu’en France nous avons « tendance à accorder trop d’importance à la consommation matérielle » et 77 % pensent que « notre manière de consommer est nuisible à l’environnement ».” Mais attention, il y a :
    • du bon : 74 % des Français pensent que le gouvernement devrait privilégier la protection de l’environnement à la croissance économique
    • du mauvais (en maths ou du moins en perception de soi par rapport aux autres) : 73 % ne considèrent pas consommer plus que la moyenne des Français !
  • L’IA pourrait entraîner une hausse de 80 % des émissions mondiales de CO2 ;
  • Index Conception Responsable, par les Designers Éthiques, qui vise à accompagner les designers au développement de produits numériques éthiques ;
  • La chercheuse Yamina Saheb lance un Laboratoire mondial de la sobriété : “On doit mener une révolution scientifique et culturelle”. En anglais : “World Sufficiency Laboratory” ; Extrait intéressant, en réponse à la question Qu’est-ce qui vous permet de garder espoir ? : “Je cherche à parler à ceux qui ont intérêt à ce que la métamorphose se produise – je n’utilise plus le terme de transition qui induit les gens en erreur car il laisse croire qu’on va garder le système tel qu’il est en changeant simplement les sources d’énergie. La métamorphose implique au contraire un changement radical. Comme dans tous les processus il y aura des gagnants et des perdants, mais là il y aura beaucoup plus de gagnants que de perdants. Donc ce qu’il faut c’est réveiller cette majorité. Ce que je note c’est que je suis sur-sollicitée aujourd’hui, je n’arrive pas à répondre à toutes les demandes, il y a un inversement des tendances. Et je pense que ça va aller tellement mal tellement vite que les gens seront forcés de se tourner vers ceux qui proposent des solutions.
  • Watt-Wise Game Jam, un concours de jeux vidéos qui utilisent le moins possible d’énergie par seconde de façon à faire des jeux vidéos plus soutenables et découvrir de nouvelles directions d’esthétique numérique. J’adore l’idée !
  • Elle est bien bonne : la BBC explique qu’en Ethiopie, la plus grande banque locale a eu un problème informatique et souhaite récupérer l’argent retiré par les clients. Ces derniers ont retiré plus de 40 millions de $ quand ils ont réalisé qu’ils pouvaient prendre plus d’argent que ce qu’ils avaient sur le compte bancaire.
  • Je tombe (tardivement) sur les Chiffres clés du climat - France, Europe et Monde - Édition 2023 - octobre 2023 (aussi au format PDF). C’est très bien fichu, très complet, très didactique. Quelques points ont retenu mon attention :
    • Les données clés sous forme d’une infographie, qui donne des ordres de grandeur à avoir sous la main ;
    • Émissions cumulées de CO2 depuis 1750 par grande région du monde. Le graphe format SVG donne une lecture qu’il convient de garder à l’esprit car les gaz à effet de serre sont cumulatifs. Autrement dit, ça n’est pas tant les émissions à un instant t qui compte, mais l’accumulation au fil du temps. Ainsi, comme le souligne le rapport, “Depuis le début de l’ère industrielle, l’Europe et l’Eurasie ont contribué pour un tiers et les États-Unis pour un quart aux émissions cumulées de CO2. Celles de l’Asie atteignent désormais quasiment le tiers des émissions mondiales, et celles de la Chine 15 %.” En Europe, on émet moins que la Chine en 2024, mais comme on a commencé à le faire 150 ans plus tôt, nous avons déjà “tiré nos cartouches”. À l’inverse, l’Afrique, n’a émis que 2,9% des émissions globales sur la période.
    • Dessous, sur la même page on voit l’Évolution des émissions de GES rapportées au PIB dans le monde entre 1990 et 2021 (graphe format SVG) et on note que les efforts de décarbonation du PIB ont de l’effet au fil du temps. Pas assez, pas assez vite (du tout), mais ça va dans le bon sens.
  • Vous avez envoyé plein de photos sur mapillary et êtes dégouté que ça se soit fait racheter par Facebook ? Vous pouvez donner ici votre accord pour que soient exportées ces photos pour les envoyer sur panoramax, l’alternative éthique d’OpenStreetMap France.
  • Firefox saw an increase in users following Apple’s default browser changes in the EU. ;
  • Dommage que cet édito du Monde soit réservé aux abonnés : « Main invisible du marché », croissance… dernières croyances de l’Occident ?. Il fait un lien vers un vieil article (1999 !) de The Atlantic : The Market as God et un autre, The Religion of the Market: Reflections on a Decade of Discussion. Il y a cette croyance profonde que “les marchés sont fondamentalement bons et que leur libre fonctionnement ne peut pas provoquer d’effets délétères plus importants que ceux que produirait l’action de l’Etat pour les réguler” (…) “Or, la crise environnementale fracture la vision idéalisée d’un marché omniscient et autorégulateur. Tout au contraire : c’est le fonctionnement même des marchés qui est la cause majeure de la dérive climatique et de la détérioration de l’environnement”. Plus loin, l’économiste Eloi Laurent explique : “« La croyance fondamentale est plutôt la nécessité de la croissance, telle qu’elle a été gravée dans le marbre international en 1944 avec la conférence de Bretton Woods. Si l’on reste dans ce cadre, que l’on soit dans un système de marché libre ou non, la finalité sera toujours la croissance » (…) Daniel Cohen, pensait lui aussi que la nécessité de la croissance est la foi qui surplombe toutes les autres dans le champ de l’économie. Elle est « la religion du monde moderne », « l’élixir qui apaise les conflits, la promesse d’un progrès indéfini »
  • Super classieux chez Stellantis : ils demandent à 400 personnes de télétravailler un jour précis et les virent dans un appel sur Zoom (aux USA).
  • Un ex-ingénieur de chez Boeing refuse de voler dans un 737-Max, parce qu’il sait comment il a été construit (Source : CNN Travel) ;
  • Gigaset abandonne les objets connectés et les rend inaccessibles faute de serveurs (aussi chez iGen.fr) L’article est daté du 1er avril, donc méfiance, mais le site officiel de Gigagset confirme l’information. Pire encore, on peut encore acheter ces équipements - devenus inutiles - dans le commerce !
  • Je découvre la page d’Apple.com qui liste les produits obsolètes et ceux qui le seront bientôt (et donc présentés comme vintage). Très utile pour savoir si un produit ancien ou acheté en seconde main aura des pièces détachées ou pas.
  • Je resors cette page : Solarpunk Manifesto. Une merveille, peut-être parce que j’ai un projet de ce genre dans la tête depuis… 2020 !
    • We are solarpunks because optimism has been taken away from us and we are trying to take it back. / Nous sommes solarpunks parce que l’optimisme nous a été retiré et nous essayons de le reprendre.
    • We are solarpunks because the only other options are denial or despair. / Nous sommes solarpunks parce que nos seules options encore disponibles sont le déni ou le désespoir.
  • Programme des GreenDays2024 @ Toulouse , maintenant avec les vidéos en plus des slides !
  • Comment diminuer l’impact carbone de nos pratiques numériques, Quelques liens intéressants dans cet article réservé aux abonnés :
  • Transport : C’est officiel, à Paris, le vélo met l’auto dans le rétro. “Selon l’Institut Paris Région, la part des déplacements à vélo est également supérieure à celle de la voiture pour les déplacements entre la capitale et la petite couronne” ;
  • Le vélo, un potentiel inexploité pour améliorer la santé (et le climat), où on apprend que :
  • Sévère mais juste : Une bulle d’intelligence artificielle et de stupidité naturelle, par Ploum ;
  • The Blind Spots of the Green Energy Transition by Olivia Lazard est une présentation passionnante qui démontre comment la paix dans la monde et la décarbonation sont liés, avec une mise en perspective intéressante : les pays où se trouvent les minerais pour la décarbonation du monde sont (souvent) ceux qui sont à la fois les plus fragiles en terme de politique et de corruption, les plus à même d’être victime du changement climatique et aussi là où se trouvent les ressources écologiques qu’il faut protéger. Et puis il y a cette punch-line de dingue : We need to “start shifting our thinking about innovation. Innovation in our times is about bringing back economic footprint within planetary boundaries. Anything else, even the coolest of new products, if it isn’t aligned with that goal, it’s not innovation, it’s business as usual.” . La version française : ” Il faut changer notre façon d’imaginer l’innovation. En ce moment, l’innovation doit consister à ramener l’empreinte économique à l’intérieur des limites planétaires. Si ce que vous faites n’est pas aligné avec cet objectif, ça n’est pas de l’innovation, c’est du business as usual”.
  • Au Greenwashing Comedy Club, mieux vaut rire que pleurer de la crise climatique ;
  • L’année dernière, j’ai participé à la première édition de la conférence Demain Maintenant dont le slogan est “Tu as changé ton style de vie personnel pour l’aligner sur tes valeurs sociales et écologiques. Maintenant, comment aligner ton travail ?” En toute franchise, j’avais adoré ! Ils sont repartis pour une nouvelle édition, et je vous recommande chaudement cet événement !
  • Command-line Tools can be 235x Faster than your Hadoop Cluster, ce qui me fait dire que l’innovation n’est pas toujours un progrès (Hadoop est indéniablement une innovation comparé à la ligne de commande. Mais coté ressources consommées, on n’est pas du tout dans le même ordre de grandeur !). Merci à ;
  • The Turing Lectures: The future of generative AI par Michael Woolridge est une vidéo très intéressante si on parle l’anglais et qu’on veut mieux comprendre l’IA générative. Il y a une citation (que je cite de mémoire, je ne l’ai pas noté dans l’instant) : “L’IA est une façon d’utiliser des quantités phénoménales de données, avec une puissance de calcul tout aussi phénoménale, pour générer du texte. D’un point de vu informatique, c’est extrêmement peu satisfaisant.” J’ai mis du temps à le réaliser, mais cette phrase résonne en moi. C’est assez étonnant de voir les résultats de l’IA, mais quand on prend en compte les ressources consommées pour cela, c’est en fait pitoyable.
  • US Government on High Alert as Russian Hackers Steal Critical Correspondence From Microsoft. En gros, des pirates russes ont réussi à pénétrer dans les systèmes de Microsoft, pirater des comptes emails de Microsoft et d’agences fédérales américaines et récupérer du code source de chez Microsoft. L’attaque a eu lieu en novembre 2023, a été détectée en janvier 2024, mais il est probable que les pirates aient encore accès aux systèmes. L’été dernier, ils avaient eu un problème similaire, mais les espions étaient chinois.
  • Entretien avec Corinne Morel Darleux dans le cadre de la série “6 nuances de Vert” par l’équipe du média à venir Fracas, qui est en pleine campagne de levée de fonds. Je me suis abonné, et je vous encourage à faire de même !
  • AI Index report par Stanford est passionnant. 2 extraits :
    • En 2023, 52 % des gens sont inquiétés par l’IA, 13 points de plus que l’année d’avant.
    • L’entraînement des IA coûte de plus en plus cher (en énergie, donc en cash) : entraîner GPT-4, c’est 78 millions de $. On se rappellera que l’entraînement du premier modèle Transformer, en 2017, coûtait 900 $ et que celui de RoBERTa Large, en 2019, coûtait 160 000 $.

vendredi 5 avril 2024

L'Octet Vert S4E01, premier épisode de la saison 4 !

Logo de l'Octet Vert

L’Octet Vert reprend du service avec ce premier épisode de la quatrième saison. Le format évolue, et je tente un truc : c’est un épisode jumelé avec celui que je fais dans mon travail. Le sujet reste le même, le ton ne change pas, la bonne humeur est toujours de circonstance !

Mon objectif est d’explorer comment le numérique s’est structuré au fil du temps, et comment on en est arrivé à autant de gaspillage de ressources. Ce premier épisode est le début d’une nouvelle série sur la loi de Moore et sa réciproque (sortie de mon cerveau malade) : la loi d’erooM ! (Ça se prononce “iroume”).

Ça fait 50 ans que la loi de Moore régit le monde numérique et fait que nous jetons à la benne des machines qui fonctionnent encore parce qu’elles sont devenues obsolètes.

Sauf que cette façon de faire n’est pas compatible avec les limites planétaires, avec l’effondrement de la biodiversité, avec le changement climatique. Il faut faire autrement !

Comment ? Il faut optimiser le logiciel, ce qu’on a “oublié” de faire pendant 50 ans (on préférait rajouter de nouvelles fonctionnalités, qui rendaient le logiciel plus lourd au lieu de l’optimiser). Et si on se fixait l’objectif de rendre le logiciel deux fois plus rapide tous les deux ans ? On appellerait cela la loi d’erooM (Moore, mais à l’envers !) qui veut dire “Effort Radicalement Organisé d’Optimisation en Masse”. :-) Avec ça, le matériel ne devient plus obsolète, on fait du travail de qualité (ça nous changera) et donc on réduit de 80% l’empreinte du numérique. Mon collègue Alexis Nicolas et moi vous expliquons tout ça dans cette épisode qui fera date !

Sources :

Où écouter cet épisode ?

  1. L’Octet Vert sur Apple Podcasts ;
  2. L’Octet Vert sur Google Podcasts ;
  3. L’Octet Vert sur Spotify ;
  4. Le flux RSS de l’Octet Vert ;
  5. L’Octet Vert sur Deezer ;
  6. L’Octet Vert sur Anchor ;
  7. L’Octet Vert sur Breaker ;
  8. L’Octet Vert sur Pocket Casts ;
  9. L’Octet vert sur Podcast Addict ;
  10. L’Octet Vert sur RadioPublic ;
  11. L’Octet Vert sur Overcast ;
  12. Pour les rebelles, les barbus, les tatoué(e)s, les bricoleuses du clavier, les partisans du ”old school”, les reines et rois du ”hack” et de la bidouille, celles et ceux qui écoutent des podcasts en ligne de commande, le fichier MP3 est disponible !

mardi 19 mars 2024

En vrac de Mars 2024

lundi 12 février 2024

En vrac de fevrier 2024

Numérique et anthropocène

  • Je découvre GreenAlgorithms.org, un simulateur d’empreinte carbone. Open Source, contenu sous licence CC-BY, ça coche les bonnes cases ! Cela complète CodeCarbonFootprint, CodeCarbon et bien sûr Scaphandre de Hubblo.
  • Boring Technology, une présentation très intéressante sur le fait que les technologies matures sont moins couteuses sur le long terme, par opposition aux technologies à la mode. Existe aussi en version texte ;
  • Coding for a finite world par l’ami David Teller, ex-Mozilla comme moi, tout particulièrement les sections Designing for finite performance et design for finite brainpower ;
  • C’est vieux mais c’est bon : The cost of code par Dylan Beattie. C’est drôle, féroce, ça parle de Nintendo, de logiciel libre pas gratuit, d’obsolescence programmé et de cette merde de Facebook. C’est rafraîchissant.
  • Au FOSDEM 2024, il y avait une présentation par l’ami Florian Quèze : Firefox Power Profiling: a powerful visualization of web sustainability (Google Slides). Au delà de l’affichage de la consommation électrique du navigateur qui intéressera les développeurs, on notera que Mozilla travaille à réduire l’obsolescence programmée imposée par Microsoft. Ainsi, “Firefox ESR 115 est le seul navigateur compatible Windows 7 qui reçoit encore des mises à jour de sécurité” ;
  • Très fier de voir mon employeur, OCTO Technology, signataire de la Charte d’engagement NZI for IT de Carbone 4.
  • How to stop a datacenter, ou comment le quartier populaire de Cerrillos, à Santiago, au Chili, s’est opposé à l’installation d’un datacenter de Google qui aurait pompé toute leur eau. Ils avaient déjà des soucis pour s’approvisionner et devaient avoir recours à des camions citernes pour cela, quand ils ont réalisé que le datacenter allait pomper 169 l d’eau par seconde. Il est mentionné une initiative comparable en Uruguay, pays qui connait sa pire sécheresse en 74 ans. Le chercheur, Dr Sebastián Lehuedé souligne la relation directe entre déploiement massif de l’IA, la consommation d’énergie, la consommation de ressources minérales et d’eau.
  • La fin de Windows 10 pourrait amener à la benne 240 millions de PC. “Vous allez me dire : Mais quel intérêt ? Microsoft ne vend pas d’ordinateurs. En fait, chaque fois que quelqu’un rachète un PC neuf, il rachète Windows (Alors qu’il possède déjà une licence Windows).  Mais comme le prix de Windows n’est jamais affiché sur la facture (=vente liée), les clients ne gueulent pas.”
  • Why Bloat Is Still Software’s Biggest Vulnerability, a 2024 plea for lean software, sur les traces de Wirth et en réaction aux dégâts imposés par la loi de Moore au numérique et au vivant, en particulier sur la surface d’attaque et le fait qu’on embarque des quantités hallucinantes de code écrit par des tiers, dont on ignore (presque) tout de la qualité (oui, Electron et Node, c’est de vous qu’il parle !) ;

Climat

  • Zonal Climate Anomalies 1880-2023, une dataviz de la NASA qui permet de mieux comprendre l’évolution du climat au fil du temps. Une merveille !
  • On se souviendra aussi de NASA Climate Spiral 1880-Present au format spirale, ici dans une version mise à jour avec les dernières données de 2023 (on voit bien que le réchauffement s’accélère) ;

Open source et logiciel libre

  • Etude : l’usage de l’Open source en France - Open Source Monitor 2023, via ITforBusiness ;
    • deux tiers (64%) des 600 organisations interrogées (500 côté privé, 100 côté public) s’affirment « ouvertes » ou « très ouvertes » aux logiciels libres ;
    • 85% des entreprises privées et 93% des organisations publiques s’en servent ;
    • 62 % des entreprises de plus de 2000 employés ont mis en place un OSPO (Open Source Program Office), soit une entité dédiée à la gestion globale (stratégique et opérationnelle) des activités liées aux solutions et communautés open source en son sein.
    • On notera la conclusion sur la souveraineté, qui correspond à mon point de vue (j’aime !) : “certes je ne suis pas souverain si j’utilise de l’open source, mais je peux en faire une composante de mon indépendance” ;

AI bullshit

  • I’m sorry, but I cannot fulfill this request as it goes against OpenAI use policy, quand les vendeurs de produits en ligne traduisent leurs annonces ou cherchent des titres optimisés SEO … grâce à ChatGPT. Le problème : cela va à l’encontre de la politique d’Open AI qui répond donc en ce sens. Mais les vendeurs de produits ne parlent pas anglais et copient-collent donc simplement ce refus comme titre de produit. (via [Romane et son Screenédit) ;
  • C’est vieux mais c’est assez significatif quant à la baisse des résultats de Google : First Google Search Result for Tiananmen Square “Tank Man” Is AI Generated Selfie. Rappelons que la vraie photo (en fait une des huit très proches les unes des autres) est très différente. Il faut dire qu’en 1989, la pratique du selfie était bien moins répandue : les photos étaient argentiques et les appareils photo beaucoup moins répandus, encore moins avec un tel grand angle. Dans la même veine, lire Usbek & Rica : Les IA génératives sont-elles en train de tuer le Web ?. La réponse, en gros, est oui : les contenus de basse qualité généré par les IA à des vue de SEO (Search Engine Optimization) font que la qualité du Web se dilue, les vrais contenus écris par les humains sont de plus en concurrencés par l’IA.
  • Pour avoir Copilot Pro sur son PC, celui-ci devra avoir au moins 16 Go de mémoire vive et pas n’importe quel CPU “Pour supporter les fonctionnalités locales d’IA, les PC devront disposer d’un Unité de Traitement Neuronale (NPU) performant. Les derniers processeurs mobiles d’AMD (Ryzen AI), Intel (AI Boost) et Qualcomm (Snapdragon X Elite) intègrent ces NPUs. Qualcomm prévoit de commercialiser le Snapdragon X Elite dans la seconde moitié de l’année. Selon TrendForce, Microsoft aurait établi une puissance de calcul minimale de 40 TOPS pour faire fonctionner Copilot. Si les plateformes de Qualcomm et les séries Ryzen 8050 (Strix Point) d’AMD semblent répondre à cette exigence, les CPU Core « Meteor Lake » d’Intel, limités à 34 TOPS, ne répondent pas à ce critère. Intel mise donc sur ses futurs processeurs Lunar Lake, attendus en fin d’année. Il ne suffira donc pas de payer son abonnement pour que l’assistant basé sur l’intelligence artificielle performant de Microsoft fonctionne de manière satisfaisante puisque toutes les machines seront loin d’être assez puissantes.”
  • Estimating the environmental impact of Generative-AI services using an LCA-based methodology, publié par un de mes jeunes collègues,

Vieilleries

  • 24 janvier 1984 : il y a donc 40 ans, c’était le lancement du Mac. Nombreux sont ceux qui reviennent dessus, dont Numérama : on a classé les 10 plus beaux ordinateurs Apple. En anglais : The Mac turns 40, a lot of praise and an archive of all its looks over the years.
  • Une vieille vidéo de Steve Jobs que j’adore. D’abord, il parle de “l’ordinateur comme étant une bicyclette pour l’esprit”, qui est une façon très intéressante d’en parler. Plus de détails sur le contexte et le document évoqué : How the bicycle beats evolution and why Steve Jobs was so taken with this fact. On notera l’absence du condor dans l’étude de départ, alors qu’il est mentionné à chaque fois par Steve Jobs dans ses interview. On voit bien qu’on est ici dans le storytelling et que les détails (voire la vérité) ne sont pas si importants chez Steve Jobs. On se rappellera qu’il était connu pour émettre un reality distortion field autour de lui : il avait un tel pouvoir de persuasion que la vérité avait moins d’importance que l’histoire racontée.
  • Là qu’on parle des ieuvs : I Used Netscape Composer in 2024 ;

Extractivisme

  • Quels risques pose l’exploitation minière des fonds marins ? Comprendre en trois minutes en vidéo ;
  • L’agence Internationale de l’Energie vient de publier son dernier rapport Electricité 2024, Analyse et perspectives pour 2026. Extraits :
    • Electricity consumption from data centres, artificial intelligence (AI) and the cryptocurrency sector could double by 2026. Data centres are significant drivers of growth in electricity demand in many regions. After globally consuming an estimated 460 terawatt-hours (TWh) in 2022, data centres’ total electricity consumption could reach more than 1 000 TWh in 2026.”En français : la consommation d’électricité des Datacenters, de l’IA et des cryptomonnaies pourrait doublier d’ici 2026. Rappel : dans le même temps, on souhaite passe autant de véhicules que possible à l’électrique.
    • Record-breaking electricity generation from low-emissions sources – which includes nuclear and renewables such as solar, wind and hydro – is set to cover all global demand growth over the next three years. Low-emissions sources, which will reduce the role of fossil fuels in producing electricity globally, are forecast to account for almost half of the world’s electricity generation by 2026, up from 39% in 2023.” La production basse émission (nucléaire et renouvelables) va représenter plus de 50% de la production électrique alors que c’était 39% en 2023. C’est la bonne nouvelle du rapport (modulo le fait que le nucléaire fait partie de la solution. Le nucléaire a de faibles émissions, certes, mais il a d’autres inconvénients) ;
  • Eaux en bouteille : des pratiques trompeuses à grande échelle. “Pendant des années, des eaux vendues comme « de source » ou « minérales naturelles » ont subi des techniques de purification interdites. Selon une enquête conjointe du « Monde » et de Radio France, un tiers au moins des marques françaises sont concernées, dont celles de Nestlé, qui a reconnu ces pratiques. Informé depuis 2021, le gouvernement a assoupli la réglementation dans la plus grande discrétion.” Rappel : le seul truc que fabriquent vraiment ces industriel, ce sont les bouteilles en plastique. Maintenant, il apparaît très clairement que faire cheminer dans des camions carburant au diesel des bouteilles en plastique (mal recyclé), qui contient des micro-plastiques dans une eau frelatée et qu’on ira acheter en bagnole au supermarché est une moins bonne idée que de boire l’eau du robinet dans la plupart des cas, sauf si votre eau du robinet a déjà été polluée par d’autres activités humaines. Rappelons qu’il existe des méthodes pour purifier l’eau du robinet (par exemple les filtres Brita) et la rendre gazeuse…
  • Trois excellentes conférences sur le numérique et les implications qu’il a sur le colonialisme et l’extractivisme :

Mobilité et véhicules intermédiaires

  • Je découvre via un magazine le travail de Bernard Cauquil, inventeur qui produit des véhicules intermédiaires (à mi-chemin entre le vélo et la voiture) à 3 ou 4 roues et solaires. Il les invente, les fabrique, les perfectionne et part en voyage avec, et c’est absolument dingue ! Voir ecosunriders.com
  • Voir aussi dans le même genre le Vhélio, un vélo dont les plans sont sous licence libre ;
  • Une belle vidéo sur le concours de véhicules intermédiaires de l’Ademe : 10 véhicules fous pour remplacer votre voiture
  • Rigolo : Joker Bike, la fourche de vélo qui transforme votre vélo en cargo !
  • Rustine Libre, une belle initiative qui a besoin de visibilité. C’est une plateforme libre qui vise à mettre en relation d’une part les cyclistes ayant besoin de réparation de leurs vélos et d’autre part des entreprises capable de proposer de telles prestations. Actuellement, les entreprises recensées sont toutes dans les Hauts de France. Ca serait bien que ça s’étende au reste de la France, voire même du Monde ! Bonus, Rustine Libre regroupe trois sujets qui me passionnent : les communautés Web, les Communs et la bicyclette !

Lecture vélo

  • La ride, une BD (ou roman graphique ?) de Simon Boileau (Scénario) et Florent Pierre (Dessins) ;
  • La bataille du vélo : Vaincre le système automobile de Joseph D’halluin. Un livre militant, comme le laisse entendre le titre. Par quelqu’un qui connaît le sujet par coeur, puisqu’il a été président de la Maison du Vélo de Lyon et Secrétaire général de la Fédération des usagers de la Bicyclette.
  • Prendre la route par Alexandre Schiratti. Un livre d’histoire, facile à lire. Très reposant et passionnant !

Complètement en vrac

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