vendredi 21 janvier 2022

L'Octet Vert S2E07 avec Xavier Verne du Shift Project et SNCF

Logo Octet Vert

Pour cet épisode, je reçois Xavier Verne, un ingénieur télécom, agrégé de Mathématiques. Xavier travaille à la SNCF, où il est directeur adjoint numérique responsable et dans son temps libre il contribue au Shift Project depuis 2016 sur les questions de sobriété numérique, ce qu’on appelle en anglais “Lean ICT”. Attention, l’épisode est un petit peu plus long (40 mn) mais ça valait largement le coup.

Sujets abordés

  • 0:58 — Le télétravail ;
  • 4:00 — La notion d’Ikigai, la raison d’être de quelqu’un : avoir une activité qu’on aime, pour laquelle on est doué et payé et dont le monde a besoin ;
  • 12:45 — Le Shift Project et ses rapports “Plan de Transformation de l’Économie Française”
  • 16:15 — La controverse autour des émissions de gaz à effet de serre de la vidéo dans un rapport du Shift
  • 18:39 — La notion d’analyse de sensibilité
  • 21:20 — De la difficulté à trouver des données de qualité qui servent à faire des estimations autour de l’environnement
  • 23:05 — Pourquoi il est gênant de dire que la sobriété des transferts de données est inutile puisque le réseau consomme autant qu’il soit utilisé ou pas.
  • 26:22 — Penser Analyse du Cycle de Vie et multi-critères, Étude iNum 2020 de GreenIT.fr
  • 27:40 — le numérique responsable à la SNCF
  • 30:00 — Quelle est la source d’espoir pour Xavier : Don’t Look Up, la Convention Citoyenne pour le Climat, et le fait que la prise de conscience par la population est réelle.
  • 32:03 — La technologie ne va pas tout résoudre. De l’importance d’être techno-lucide et pas techno-béat ou cantonné dans la critique
  • 34:08 — Les bonnes lectures de Xavier Verne
  • 38:45 — La conclusion de Xavier façon capitaine d’un navire qui va passer le cap Horn : « ça va être fromage ou dessert, jeunes gens ! Le problème qu’on doit résoudre, c’est de changer notre mode de vie pour faire face à aux limites planétaires, ça va tanguer, mais on va y arriver » :-)

Où écouter cet épisode ?

  1. L’Octet Vert sur Apple Podcasts ;
  2. L’Octet Vert sur Google Podcasts ;
  3. L’Octet Vert sur Spotify ;
  4. Le flux RSS de l’Octet Vert ;
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  7. L’Octet Vert sur Breaker ;
  8. L’Octet Vert sur Pocket Casts ;
  9. L’Octet vert sur Podcast Addict ;
  10. L’Octet Vert sur RadioPublic ;
  11. Pour les rebelles, les barbus, les tatoué(e)s, les partisans du old school, les reines et rois du hack et de la bidouille, celles et ceux qui écoutent des podcasts en ligne de commande, le fichier MP3 est disponible !

Les bons liens de Xavier

vendredi 7 janvier 2022

L'Octet Vert S2E06 avec Héloïse Dano

Pour ce 6e épisode de la 2e saison de l’Octet Vert, je reçois Héloïse Dano, experte en numérique responsable et GreenIT, fondatrice de Ecologeek. Je l’ai rencontrée sur le GreenTech forum à la Défense, mais elle nous vient de Rennes. Bonjour et bienvenue, Héloïse !

On parle d’engagement, de grille-pain (et du fait qu’elle l’a réparé) de 5G, son impact sur les gaz à effet de serre, l’utilisation des ressources, de l’importance des petits gestes (avec le risque de s’épuiser dessus sans que ça change grand chose) et du fait d’embarquer son conjoint (si on en a un) dans sa démarche écologique et militante.

Où écouter cet épisode ?

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Les bons liens d’Héloïse

jeudi 6 janvier 2022

En vrac de début 2022

Lever de soleil sur Paris

Ceci est le 800e billet En Vrac du Standblog !

Climat

  • Climat : la France doit rehausser ses objectifs et accélérer leur mise en œuvre, explique le Haut Conseil pour le Climat. Avec au passage un tacle pour le ministre des transports : « les émissions stagnent pour le secteur des transports, le plus émetteur en France, alors qu’elles devraient diminuer rapidement ». Rappel : « Le Pacte de Glasgow spécifie qu’une réduction mondiale du CO2 à -45% en 2030 par rapport au niveau de 2010 est nécessaire ». Bref, on a 8 ans pour réduire de 45% les émissions de CO2, et sur le poste le plus important, on n’avance pas du tout. Il me semble inévitable qu’un jour, les responsables politiques devront répondre de leurs actes devant le peuple…
  • Avec la plus grande usine mondiale de captage de CO2, l’Islande carbure contre le carbone «Avec une capacité de 4 000 tonnes par an, c’est à ce jour la plus grosse usine de capture de CO2 dans l’atmosphère et de stockage au monde», mais Le CO2 étant extrêmement dilué dans l’air, sa capture est très énergivore et coûteuse, au point que l’entreprise refuse de communiquer combien d’énergie est dépensée pour cela. « 4 000 tonnes de CO2 par an, cela équivaut aux émissions annuelles d’environ 380 Français. Il faudrait donc construire des dizaines de milliers d’usines comme Orca (dont le coût s’élève entre 10 et 15 millions d’euros) pour espérer avoir un réel impact sur les 36,4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone qui seront émises mondialement en 2021 ». J’ai fait le calcul, il faudrait 9 milliards d’usines (coût unitaire de 10 à 15 millions d’euros) pour compenser ce qu’on émet. Comme le conclue la personne : « la capture du CO2 ne doit représenter que 5 à 10 % de la baisse des émissions, les 90-95 % restants doivent venir de la réduction des émissions ».
  • Don’t Look Up pulvérise les chiffres d’audience|https://www.lefigaro.fr/cinema/don-t-look-up-pulverise-les-chiffres-d-audience-sur-netflix-20220105|fr] ;
  • « Oui, c’est un peu la merde », une conversation avec Jean-Marc Jancovici par un Youtubeur belge. Bien pour les ados et les jeunes ;
  • Neige sur les braises: les intempéries éteignent les incendies géants du Colorado. Près de 1000 maisons ont brulé, des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées alors qu’il était déjà tombé de la neige plus tôt dans la saison, la région est tellement sèche que de gigantesques incendies ont ravagé ces endroits. Maintenant, « des tuyaux d’alimentation en eau gelés et des canalisations qui explosent ». Décidément le changement climatique nous amène des événements météo plus déroutants que jamais…
  • Température record en Alaska pour un mois de décembre : 19,4°C — Alaska sets record high December temperature of 19.4C ;
  • Un bilan écologique du quinquennat, par Terra Nova ;
  • J’ai eu énormément de plaisir à écouter Sébastien Bohler dans l’épisode 47 de Greenletter Club. Le striatum, partie ancienne du cerveau, élément essentiel du système de récompense[1] nous pousse à agir pour survivre : chercher à manger, chercher à nous reproduire, chercher à être reconnu par le groupe, accumuler de l’information, chercher à en faire le moins possible. Pourquoi ? Parce que ces comportements étaient nécessaires à la survie de l’humain quand il était chasseur/ cueilleur. D’autres parties du cerveau contrebalancent ces comportements, comme il l’explique. La partie la plus récente apporte de la rationalité, une partie apporte le besoin de sens. (On notera que Sébastien Bohler ne fait pas l’unanimité, mais ce qu’il raconte m’est apparu éclairant apportant de nouvelles perspectives au débat, quitte à ce que ça soit très (trop ?) vulgarisé) ;

GAFAM et surveillance

  • Après le Nutri-score, bientôt le « cyber-score » : « Facebook mériterait un beau rouge écarlate ! ». Et si on qualifiait la qualité des services en ligne avec un cyber-score ? Plusieurs paramètres seraient à prendre en compte : données personnelles collectées, soumission au CLOUD Acting américain ou pas, modèle économique, addiction des utilisateurs, etc. ;
  • Une étude commandée par les gendarmes montre la relative inefficacité de la vidéosurveillance. « Menée par un universitaire, l’étude met en lumière un faible taux d’élucidation des infractions et des effets quasiment nuls en matière de prévention de la délinquance ». Et vlan !
  • 2021 was the year the world finally turned on Facebook “Can a name change save the company’s tarnished reputation?” ;
  • Les consommateurs ne sont plus intéressés par les appareils avec Alexa d’Amazon comme le démontrent des documents internes. Ces appareils ont une durée de vie courte car ils sont perçus comme inutiles rapidement. Mais la pollution pour leur construction est déjà produite. Pendant plusieurs années, Amazon a pu observer que 15 à 25% des appareils à reconnaissance vocale Alexa n’étaient plus en service dès leur 2eme semaine. On me demande ce qu’est le numérique responsable. Voici en tous cas le numérique irresponsable ;
  • Intel apologizes for banning use of components from Xinjiang. Alors ça c’est presque rigolo : la Chine maltraite les Ouïgours depuis 20 ans (surveillance, travail forcé, camps de rééducation, arrestations arbitraires etc.). Du coup la communauté internationale essaye d’empêcher la vente du fruit du travail forcé des ouïgours pour réduire son intérêt économique. Intel indique donc que certains composants fabriqué dans la région du Xinjiang (où se trouvent les ouïgours et leurs camps de travail forcé) ne seront plus achetés par ses services. Le gouvernement chinois le prend mal, Intel doit présenter ses excuses. Le chanteur du boys band chinois Wang Junkai, partenaire d’Intel, coupe les ponts avec la firme américaine ;
  • Un sondage indique que les américains n’ont pas confiance en Facebook, Tiktok et Instagram (et d’autres aussi) : Americans widely distrust Facebook, TikTok and Instagram with their data, poll finds.
    • Sans surprise, Facebook (et ses marques Instagram et WhatsApp) occupe 3 des 4 premières places des services inspirant le moins confiance. #2 : TikTok.
    • 73 % des américains interrogés considère que la collecte des données personnelles en échange de publicité ciblée est une utilisation abusive des données personnelles. Seulement 26 % considèrent que c’est un échange équilibré quand on considère les services proposées par ces entreprises ;
  • Alexa tells 10-year-old girl to touch live plug with penny. Une fillette de 10 ans a demandé à son assistant Alexa (d’Amazon) de lui proposer un défi. L’enceinte connectée lui a alors répondu : « prends une pièce de monnaie et essaye de toucher les deux extrémités métalliques d’un chargeur de téléphone à moitié inséré dans la prise murale », ce qui aurait provoqué une électrocution immédiate. La mère est intervenue avant l’accident. Amazon aurait modifié le logiciel Alexa depuis ;
  • Vos articles neuf retournés au marchand finissent à la décharge, explique une étude parue aux USA. Il faut bien sûr se méfier de cette étude, qui est distribuée par un acteur commercial qui a intérêt à changer les choses (ils sont spécialisés dans la reverse-logistics, la logistique du retour à l’envoyeur). Mais si c’est vrai, c’est très perturbant : « Chaque années, les consommateurs américains retournent environ 3,5 milliards d’articles, dont seulement 20% sont défectueux ». Cela ne m’étonne guère. Amazon, pour ne pas le nommer, encourage cela, dont une logique de satisfaction client et pour encourager à acheter sans se poser de question, quitte à faire une perte sur une vente. En renvoyant un article acheté sur un site d’e-commerce, j’ai fait attention de très bien l’emballer, pour qu’il semble aussi proche du neuf que possible. Et j’ai réalisé que personne ou presque ne prendrait autant de temps pour faire de même. Et que donc, dans la plupart des cas, le fait que l’appareil n’est pas neuf se verra, il ne peut donc pas être vendu comme tel. Bien sûr, certains marchands, dans le cas d’appareils coûteux comme ceux d’Apple, vont proposer des [produits reconditionnés, mais c’est beaucoup trop rare. Des marchands comme Amazon, on le sait, ont tendance à jeter des articles neufs par millions, comme on a pu le voir par le passé.
  • Apple vaut plus de 3000 milliards de dollars. C’est la première fois de l’histoire de l’humanité qu’une entreprise atteint une telle valorisation, laquelle a triplée en 4 ans. Microsoft est à 2500 milliards, Google à 2000 milliards et Amazon à 1700 milliards. Meta (Facebook) est derrière à 940 milliards ;

Mobilité

Numérique et climat

Blockchain, crypto monnaies et NFT

  • Faut-il interdire le Bitcoin ? « Le bitcoin est un actif qui est inégalitaire, polluant, spéculatif. Il est à l’image même des marchés financiers aujourd’hui. Ce n’est pas une monnaie antisystème. » explique l’économiste Nicolas Dufrene ;
  • No Fucking Thanks — n‌ft blocker, l’extension pour navigateurs qui remplace le jargon des fanas de cryptomonnaies par d’autres mots. Par exemple, Bitcoin devient Buttcoin et NFT devient Shitty JPEG. C’est assez drôle car au bout d’un moment, on oublie qu’on l’a installé, et on commence à tomber sur des articles où les mots ont été remplacés. Fou rire garanti !
  • OpenSea freezes $2.2M of stolen Bored Apes. On apprend trois choses avec cet événement :
    • On peut se faire voler des NFT comme on se ferait voler un tableau (ici grâce à un simple phishing !) ;
    • « J’ai appris la leçon : il faut utiliser un hard Wallet » (plutôt qu’un Hot Wallet) explique la victime. Hard Wallet : dispositif matériel qui stocke les NFT et nécessite de valider les transactions par un bouton physique. Par opposition à hot Wallet, dispositif logiciel, plus facile à pirater à distance ;
    • Tout l’intérêt de la blockchain serait qu’elle est décentralisée, mais là, elle apparaît bien centralisée puisqu’un seul acteur, OpenSea, a bloqué la revente des œuvres en question.
  • En français : Un nouveau monde vraiment décentralisé ? La plateforme OpenSea « gèle » pourtant une collection de NFT volés ;
  • À propos : web3 is Centralized. Par exemple, OpenSea (la plateforme “décentralisée” de NFT est hébergée sur le Cloud Google, lequel doit répondre aux demandes de suppression DMCA ;
  • Le nombre de pays ayant banni les cryptomonnaies a doublé en trois ans ;
  • On ne compte plus e nombre d’artistes qui produisent des oeuvres numériques pour réaliser qu’elle sont revendiquées par d’autres pour faire des NFT. Par exemple, ce portrait par Emily L’Orange ;

Covid-19

  • J’ai posé la question sur Twitter : Que faut-il acheter comme appareil de mesure du CO2 ? L’intérêt de savoir la concentration en CO2, c’est de savoir quand aérer pour limiter les risques de diffuser le COVID-19. En effet, quand on manque d’aération, le virus est plus présent dans l’atmosphère (si une personne contagieuse est dans les lieux), comme le CO2. Donc en mesurant le taux de CO2, on sait si on prend des risques en terme de COVID-19.
    • Le site NousAerons.fr partage les meilleures pratiques pour réduire les contaminations ;
    • Le produit de référence semble être l’Aranet4 Home, mais à 200 €, il est très cher ;
    • Il existe plein d’alternatives pas chères et chinoises mais leur qualité est qualité très variable ;
    • Il est impératif, pour des raisons de précision, de choisir NDIR comme technologie de capteur. NDIR : Capteur infrarouge non dispersif ;

Complètement en vrac

Note

[1] J’en parlais il y a 4 ans à propos de Facebook et d’autres entreprises.

mercredi 5 janvier 2022

Bilan 2021 climat et numérique

Plage de Normandie

Tant de commencer cet article, il me faut présenter à mes quelques lecteurs tous mes vœux pour l’année 2022. Maintenant que c’est fait, on peut revenir sur l’année passée.

Cette année 2021 a été vraiment particulière, mais tout de même très remplie. J’ai décidé de faire un rapide bilan de ce que j’ai fait et publié sur les aspects climat et numérique, où j’ai décidé d’allier ce qui m’intéresse en ce moment, à savoir le changement climatique à ce que je connais car c’est mon métier depuis 40 ans, le numérique, et ce que je sais bien faire, à savoir vulgariser. La production est copieuse, même si ça n’est pas mon activité principale :

Et maintenant ?

2022 s’annonce quasiment aussi compliquée que 2020 et 2021, avec toutefois un peu de lumière au bout du tunnel, grâce au déploiement massif du vaccin. Il reste pourtant, dans le domaine du climat, tellement à faire, à expliquer, à convaincre ! Si vous pensez que je peux vous aider dans votre organisation (entreprise, association, événement, etc.) contactez-moi ! Mon mail est facile à deviner : mon prénom @ mon nom point fr. À bientôt !

vendredi 24 décembre 2021

L'Octet Vert S2E05 avec Maud Roux-Salembien du collectif Pour un Réveil Écologique

Pour cet épisode, j’accueille Maud Roux-Salembien, la plus jeune intervenante de l’Octet Vert, puisqu’elle a 21 ans. Maud est étudiante à l’école des mines et s’est engagée dans le collectif Pour un Réveil Écologique qui rassemble des étudiants qui veulent “prendre leur avenir en main” dans un contexte de changement climatique. Ils se focalisent sur 2 domaines en particulier, là où ils peuvent agir : les formations et le choix d’un emploi. Maud a pris une année de césure et fait un stage, et c’est l’occasion pour nous de parler Low Tech, de fossé des générations face à l’écologie et d’engagement pour le climat.

Je vous souhaite une excellente écoute et on se retrouve en 2022 !

Où écouter cet épisode ?

  1. L’Octet Vert sur Apple Podcasts ;
  2. L’Octet Vert sur Google Podcasts ;
  3. L’Octet Vert sur Spotify ;
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  9. L’Octet vert sur Podcast Addict ;
  10. L’Octet Vert sur RadioPublic ;
  11. Pour les rebelles, les barbus, les tatoué(e)s les partisans du old school, les reines et rois du hack et de la bidouille, celles et ceux qui écoutent des podcasts en ligne de commande, le fichier MP3 est disponible !

Les bons liens de Maud

mercredi 22 décembre 2021

Notion ou Airtable pour ma base de données ?

J’ai un projet perso qui implique de faire une toute petite base de données. Il y a très longtemps, j’utilisais FileMaker Pro[1], et j’avais bien aimé. Encore avant, sur Apple ][, c’était PFS:File[2], deux produits No code (n’impliquant pas de programmation) et particulièrement simples permettant de faire des formulaire pour stocker et retrouver de l’information sur un ordinateur. Entre temps, le Web a été créé et j’ai deux ordinateurs, dont l’un tient dans ma poche. C’est peu dire que les temps ont changé ! Du coup, j’ai demandé sur Twitter quels produits ils utiliseraient et recommanderaient pour ce genre d’usage en 2022. Merci à ceux qui ont pris le temps de me répondre !

Deux produits sont ressortis : Notion.so et Airtable. Les deux sont en modèle SaaS C’est à dire qu’ils s’utilisent depuis le navigateur Web et disposent d’une application mobile (je n’ai vérifié que sur iOS, mais j’imagine qu’il en est de même sur Android). Coté tarification, ce sont tous deux des produits freemium, c’est à dire qu’ils sont gratuits à l’usage, mais pour disposer des fonctionnalités avancées, il faut prendre un abonnement.

Notion.so

Copie d'écran Notion

Notion est un produit un peu hybride, un genre de logiciel de prise de notes combiné à un wiki augmenté avec des capacités à gérer des bases de données. C’est assez polymorphe, avec des usages assez incroyables. Je n’ai que très peu d’expérience avec Notion, mais c’est un logiciel très tentant par la puissance qui se dégage et sa simplicité d’utilisation. J’ai un peu l’impression d’avoir trouvé un “logiciel qui fait tout” !

Le prix de Notion est raisonnable. Gratuit donc pour les usages simples et individuels, on passe à 48 $ par an ou 5 $ par mois pour une version individuelle avec stockage illimité, et 96 € par an ou 10 $ par mois par personne pour un travail en équipe.

Notion a pour lui quelque chose qui peut faire pencher la balance, c’est qu’il existe une alternative libre (licence AGPL v3) appelée AppFlowy. En effet, l’approche SaaS est intéressante pour commencer : au début c’est gratuit, et on n’a pas à se préoccuper de l’installation, de l’hébergement. Et du coup on commence à stocker de plus en plus de choses, à utiliser de plus en plus de fonctionnalités, avec de plus en plus de collègues, et on passe donc à l’abonnement payant, qui a tendance à devenir de plus en plus cher au fur et à mesure qu’on ne peut plus s’en passer. C’est normal, c’est fait pour ça. L’existence d’une alternative en logiciel libre et donc auto-hébergeable est une excellente chose, en particulier en terme de confidentialité. N’oublions pas qu’avec le CLOUD Act[3], nos données stockées par des prestataires américains sont susceptibles d’être silencieusement siphonnées par l’État américain. Si votre business est sensible ou le devient, c’est un problème majeur. AppFlowy permet de quitter Notion si vous le souhaitez, pour des raisons de prix ou de confidentialité, sans devoir arrêter de s’en servir…

Airtable

Copie d'écran Airtable

Airtable est plus centré sur la notion de base de données et donc le stockage de données structurées (comme des fiches). Par défaut, les fiches sont comme des lignes dans un tableau Excel ou LibreOffice Calc. C’est ce qu’ils appellent la vue en grille (Grid View). Mais on peut aussi faire des formulaire par exemple pour des sondages sur Internet, présenter l’information sous forme de calendrier, de galerie, de tableau Kanban (comme des post-ins qu’on déplace de colonne en colonne), une timeline ou un diagramme de Gantt.

Niveau prix, on est à un niveau un peu supérieur à Notion, avec toujours la gratuité pour commencer, un premier tarif à 120 $ par an par personne (ou 12 $ par mois en payement mensualisé) et un deuxième niveau à 240 $ par an (ou 24 $ par mois) par personne pour les fonctionnalités très avancées.

Alors, Notion ou Airtable ?

Les deux logiciels sont très séduisants. Ils peuvent être un peu impressionnants au début, vue leur richesse fonctionnelle, mais leur ergonomie est vraiment excellente. Gros défaut, ils ne semblent être disponibles qu’en anglais, ce qui peut rebuter certains.

La grosse différence entre les deux, c’est le périmètre fonctionnel : même si les deux permettent de faire des bases de données, Airtable est vraiment centré sur cette approche, et ça permet de faire un outil qui me semble un peu plus facile à appréhender.

À l’inverse, Notion est plus souple, avec un périmètre plus large, il sera utilisable pour plus d’usages parfois très différents les uns des autres, par exemple pour prendre des notes, partager des informations non structurées en équipe, tout en gérant des données structurées dans des tableaux.

À titre personnel, je pense que je vais partir vers Airtable. J’avais déjà essayé Notion il y a quelques mois, mais son coté tentaculaire m’a à la fois séduit et rebuté : je redoute d’y passer trop de temps, attiré que je serais par toutes ses autres fonctionnalités. Mais cette exploration fera que j’y reviendrai sûrement, plus tard !

Notes

[1] Il existe toujours et la première version est sortie en 1985 !

[2] Le machin est sorti en 1982 !

[3] Comme le dit Wikipédia, « Critiquée par certaines associations de défense de la vie privée, cette loi permet notamment aux instances de justice américaines de solliciter auprès des fournisseurs de services opérant aux États-Unis, les communications personnelles d’un individu sans que celui-ci en soit informé, ni que son pays de résidence ne le soit, ni que le pays où sont stockées ces données ne le soit. »

vendredi 17 décembre 2021

10 idées de cadeaux pour Noël

Le journal Le Monde propose une liste de Dix idées de cadeaux high-tech entre 15 et 50 euros. On pourrait trouver les prix presque raisonnables, mais est-ce responsable (oui, comme dans la notion de numérique responsable !), sachant que la fabrication d’objets numériques est extrêmement polluante et leur recyclage presque inexistant ? On peut même aller jusqu’à questionner la justesse de l’idée de consommer encore plus en cette période de fêtes. Est-il vraiment judicieux de faire des cadeaux qui hypothèquent notre futur en tant qu’espèce ?

Bref, j’ai trié les idées de cadeaux de la liste du Monde en gardant à l’esprit qu’en France, l’essentiel des gaz à effet de serre du numérique sont produits lors de la fabrication des terminaux[1]. La meilleure façon de réduire ces émissions, c’est de faire durer les terminaux de façon à éviter leur renouvellement. Quand on garde ça en tête, voilà ce que donne la liste :

Les idées les moins mauvaises :

  1. Un kit de réparation pour smartphone. Bah oui, pour faire durer, quoi de mieux que la réparation pour faire durer son équipement ? Mais après tout, pour les moins adroits, peut-être vaudrait-il mieux aller chez un réparateur qui a les outils et l’expérience ?
  2. Une antenne Bluetooth pour chaîne hi-fi. Même principe : votre vieille chaîne Hifi fonctionne encore mais c’est compliqué de la connecter à votre smartphone où se trouve vos musiques ? J’ai pour ma part opté pour un câble, mais l’idée d’une antenne Bluetooth a aussi du sens. Une plus grosse empreinte carbone, certes, mais peut-être rédhibitoire pour certains qui veulent garer leur téléphone en poche pendant l’écoute…
  3. Un vide-mémoire pour iPad et iPhone. Là aussi, ça peut être intéressant si votre smartphone ou votre tablette fonctionne encore bien à part la mémoire qui est trop pleine. La vider des anciens éléments que vous ne voulez pas perdre peut être une solution pour faire durer l’équipement.

Des idées passables :

  1. Une clé pour donner une nouvelle vie à une télé. Là, c’est beaucoup plus discutable. Oui, il faut conserver votre TV le plus longtemps possible. Mais si c’est pour basculer sur du streaming, est-ce vraiment une bonne idée ? Si vous mourrez d’envie de passer au streaming, alors disons que garder votre ancienne TV et l’équiper d’une telle clé peut être une solution (en oubliant que mettre un micro de chez Google ou Amazon dans son salon a d’âtres inconvénients potentiels…)
  2. Un casque limiteur de volume pour enfants. Peut être une bonne idée. Mais vous ne trouvez pas qu’ils passent déjà trop de temps sur les écrans ?
  3. Un chargeur de voiture. Alors là, c’est pas le chargeur qui est en cause, c’est la voiture ;-)

Les idées nulles :

  1. Une montre vintage (genre Casio à quartz des années 80). Vous avez vraiment besoin d’un nouveau truc électronique juste pour lire l’heure ?
  2. Un mouchard pour retrouver des objets égarés avec les appareils Apple. No comment.
  3. Une station à induction pour recharger son téléphone. L’induction consomme 3 à 4 fois plus d’électricité qu’un câble. Et en plus ça charge plus lentement. Moins bien, plus long, plus de gaspillage n’énergie. Ils ont beau mettre une jolie photo de plante verte sur le boitier, ça ne passe pas.

Note

[1] 76 % tout de même, voir l’étude iNum 2020.

jeudi 16 décembre 2021

En vrac de Noël

Voici une bien trop longue revue de presse des sujets qui m’intéressent : transition écologique, numérique, GAFAM, mobilité et crypto. Avec une section espace pour faire bonne mesure ! Je vous souhaite bonne lecture et d’excellentes fêtes de fin d’année.

Transition écologique

Numérique et climat

Julian Allwood, chercheur en ingénierie à l’université de Cambridge. Coauteur du 5e rapport du Giec, compare le discours techno-optimiste à celui d’un médecin qui conseillerait à un alcoolique de continuer à boire, parce que le gouvernement développe une technologie pour réparer le foie.

Dans le cas de la capture de CO2, “si nous voulions reprendre dans l’air la totalité de nos émissions de CO2, il faudrait y consacrer toute la production d’électricité mondiale et que celle-ci soit décarbonée”, calcule Jean-Marc Jancovici. Ce processus nécessite également une importante quantité de chaleur, “supérieure à celle dégagée par l’ensemble du pétrole mondial”. Cette technologie, embryonnaire et coûteuse, est donc trop énergivore pour être généralisée.

Economie : décroissance ou prospérité ?

Open Source et logiciels libres

Vélo et mobilités

GAFAM

Quelques lignes à rajouter à la trop longue liste des géants du numérique à propos de surveillance, responsabilités et casseroles aux fesses. Est-ce vraiment à eux qu’on veut laisser les clés du camion ?

Crypto

Espace

  • Tourisme spatial : de SpaceX à Blue Origin, objectif thunes (coucou Camille !) ;
  • Tourisme spatial : des séjours en pollution complète, qui référence l’article de The Conversation Tourisme spatial : quand les plaisirs de quelques-uns polluent la planète de tous. Extrait du papier de Libé : « Envie d’aller encore plus loin dans l’espace et de polluer encore plus ? Allons nous dorer la pilule à 400 km d’altitude, à bord de l’ISS, en orbite autour de la Terre. En septembre, pour la première mission de tourisme spatial de SpaceX (propriété d’Elon Musk), quatre personnes se sont glissées dans la capsule Crew Dragon lancée par la fusée Falcon 9. Quand l’équipage est redescendu, il a atterri dans l’eau. Des navires spécialisés et un hélicoptère ont été envoyés pour récupérer tout le monde. Total des opérations : 1 150 tonnes de CO2. Autant que ce que 145 personnes devraient émettre en un an. […] Une aberration sociale et écologique, à l’heure où l’humanité doit diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. » ;

Note

[1] Et au passage foutre la honte à Google qui ne sait pas faire aussi bien !

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