mercredi 23 novembre 2022

En vrac du mardi

Ma trombine dans les médias (et sur Internet) :

Twitter vs Mastodon

Je me pose plein de questions sur ce qu’on veut faire de Mastodon, sur ce que JE veux en faire. Une chose est sûre, je ne veux pas que ça devienne un nouveau Twitter. Je n’en suis qu’au début de ma réflexion, mais j’ai envie de plus de positif, plus de respect, plus d’écoute, plus de compassion, de bienveillance et d’empathie. Et je veux moins de clash, de pub, d’égo, et de personal branling. Ma réflexion n’est pas aboutie, mais commençons cette conversation : et toi, et vous ?

Totalement en vrac sur le climat, le numérique

Le cloud reste un levier d’efficience pour les organisations : au-delà des efforts attendus de la part des cloud providers, la responsabilité des utilisateurs de services cloud est aussi engagée afin d’adopter les pratiques d’éco-conception, de challenger les usages et de mesurer la performance des services cloud utilisés pour en limiter l’impact.

dimanche 6 novembre 2022

Lettre à un boomer

C’était il y a quelques jours, sur LinkedIn. Les “hasards” de l’algorithme de recommandation me proposent un billet énervé d’un ancien de Total Energies et de BNP Paribas. Il s’enflamme dans un propos pas très cohérent « on va encore avoir droit à la jubilation de tous ces éco-hypocrites qui vont glousser et à nouveau taper sur nos fleurons nationaux ! ». Il faisait sûrement référence au fait que ses deux précédents employeurs venaient d’être épinglés pour le manque d’action pour le climat. Je ne mets pas de lien vers son billet, ça n’a pas beaucoup d’intérêt en tant que tel : je ne souhaite pas pousser les gens à lui tomber dessus.

Par contre, j’ai eu envie de lui faire une réponse, pas tant pour lui que pour tous ceux — et ils sont nombreux — qui sont encore dans le déni face au climat. Tous ceux aussi qui ont travaillé pour des grandes entreprises qui ont hypothéqué le futur des humains sur cette planète, ont participé à la destruction de la biodiversité et émis de grandes quantités de gaz à effet de serre sans essayer de changer leurs pratiques. Autrement dit, presque tous les professionnels.

Voici donc ma réponse à ce monsieur :


Monsieur, je comprends qu’en tant qu’ancien de BNP Paribas et de Total Energies, vous ayez du mal à accepter d’avoir apporté votre contribution à des entreprises qui tuent la planète et ruinent l’avenir de l’humanité.

Je comprends aussi votre difficulté à admettre que ce jeu qu’est votre carrière et dans laquelle vous avez réussi soit devenu un jeu où les jeunes ne veulent plus jouer, car ils ont compris les conséquences de leurs actes et préfèrent avoir un avenir plutôt qu’une carrière.

Mais cracher sur ceux qui ont compris cette problématique est déshonorant pour vous. N’ajoutez pas ce déshonneur à la douleur d’avoir perdu vos rêves de croissance infinie dans un monde fini.

Dans ce contexte, la colère est inévitable. Votre déni est trop commun. Il vous faut faire le deuil de vos rêves de boomer. Je sais, j’ai eu les mêmes.

Il va falloir passer à l’acceptation.

Débranchez LinkedIn, allez prendre l’air, prenez du recul face à votre carrière et faite face à la réalité : le monde de demain ne peut pas reposer sur les épaules et les méthodes de gens qui veulent faire comme avant. Il est temps de changer, de relever nos manches et de faire mieux, différemment. Vous ne regretterez pas ces efforts, croyez-moi.

lundi 26 septembre 2022

Comment protéger son logement du froid sans faire de gros travaux et pour pas cher

L’excellente Nel aka npilayan sur Twitter, architecte branchée bio-construction, nous a fait un fil d’anthologie qui va être utile à plein de gens : comment protéger son logement du froid, sans faire de gros travaux et pour pas cher.

Sans plus attendre, la parole à Nel !


Les températures baissent, et on a tous les yeux rivés sur le prix de l’énergie, en se demandant comment on va se chauffer. Vu le succès du thread sur la canicule, je vous propose son équivalent pour l’hiver : protéger son logement du froid - thread d’architecte !

Il est divisé en 3 parties : des astuces abordables et applicables en appart/en maison (même en location), des conseils sur le choix du mode de chauffage si on veut/peut en changer, et des références architecturales de techniques vernaculaires pour conserver la chaleur en conclusion.

PARTIE 1 : les astuces abordables pour réduire la facture de chauffage

Étanchéité à l’air

Les travaux d’isolation et de rénovation thermique à proprement parler, en revanche, feront l’objet d’un futur thread à part entière. Il y a bcp à dire et c’est un trop vaste sujet pour l’ajouter ici, par ailleurs, ce sont des travaux qui s’effectuent plutôt à la belle saison :-)

Commençons par la base : ce qui protège votre logement du froid, c’est d’une part, le fait qu’il soit étanche à l’air froid extérieur, et d’autre part, qu’il soit isolé du froid qui se diffuse par rayonnement à travers la matière des parois.

Sur ce schéma, toutes les sources de “fuite” de la chaleur : un isolant absent, mal posé ou de façon discontinue, des ponts thermiques entre les étages, et des fuites d’air au niveau des menuiseries. J’ai oublié de le dessiner mais le simple vitrage évidemment joue aussi

Autrement dit, il y a deux façons de mieux protéger un logement : en bouchant toutes les fuites d’air, et en améliorant la résistance thermique des murs, portes, toitures, sols et fenêtres. On veut empêcher le froid d’entrer, et la chaleur de sortir.

Commençons par les fuites d’air. Elles sont très fréquentes dans le bâti ancien. La majorité d’entre elles se trouvent au niveau des menuiseries, sur le pourtour des fenêtres et de la porte d’entrée. Si vous en avez les moyens, faites-les changer pour des produits récents, notamment des fenêtres à double vitrage et des portes isolantes. Sinon, vous pouvez les calfeutrer au niveau des ouvrants, par exemple avec des rouleaux de joints de fenêtre et des bas de porte isolants (on en trouve à 10€ en magasin de bricolage)

Il peut aussi exister un jour de quelques millimètres entre le mur et la partie fixe des fenêtres (le “dormant”), à cause d’un joint absent ou détérioré. Pour le colmater, vous pouvez faire un joint acrylique très simplement, avec un pistolet à cartouche. Le matos coûte 15€ :

Pour la mise en œuvre exacte, difficile de faire un tuto sur Twitter, mais ce n’est pas très technique, c’est réalisable simplement et vous trouverez facilement des conseils en magasin. Surtout, il existe des trillions de tutos complets sur Youtube : TUTO Poser des joints d’isolation aux fenêtres.

Dans les rares cas où ce jour est plus important, vous pouvez placer un joint fixe collé en mousse, caoutchouc ou silicone, ou de la mousse polyuréthane expansive que vous gratterez ensuite pour une finition discrète.

Cette mousse, c’est une merde écologique à ne pas utiliser en neuf, mais extrêmement efficace pour dépanner dans l’ancien. Vous pouvez l’utiliser pour tous les trous dans la maçonnerie qui font courant d’air : passage de tuyaux, défauts de construction, trou accidentel…

Le principe, c’est qu’on en injecte UN PEU (un peu) là où on veut colmater, la mousse va s’expandre au contact de l’air, puis durcir. Il ne restera plus qu’à couper le surplus !

Si vous êtes en appart, vérifier aussi les gaines (les espaces encloisonnés par lesquels les réseaux eau et électricité passent d’un étage à l’autre). Souvent la trappe pour y accéder est mal isolée, et laisse passer l’air.

Attention pour autant, si vous souhaitez éviter une fuite d’air constante chez vous, votre appartement doit tout de même être correctement ventilé, pour deux raisons essentielles : l’humidité et la pollution de l’air ambiant.

En effet, un air humide est beaucoup plus difficile à chauffer qu’un air sec, et nous produisons beaucoup d’humidité par nos respirations, notre cuisine et nos douches. Par ailleurs, un air confiné concentre très vite les polluants nocifs pour la santé et fait moisir les surfaces

Pour cette raison, laissez fonctionner votre ventilation mécanique (VMC) s’il y en a une, et d’ailleurs DEPOUSSIEREZ-LA, ce n’est jamais fait alors que c’est primordial !! Si pas de VMC, aérez 10min par jour, le matin, en ouvrant 2 fenêtres opposées pour faire courant d’air.

ça peut paraître contre-intuitif, mais ce simple geste aidera grandement vos radiateurs à chauffer les pièces. Le reste du temps, l’étanchéité à l’air permettra de ne pas perdre de chaleur en continu.

Dans un logement récent et bien étanche à l’air, ou en construction, privilégiez l’installation d’une VMC double-flux : elle récupère les calories de l’air sortant pour réchauffer l’air entrant, au lieu d’aspirer directement l’air froid de l’extérieur.

Isoler sans faire de gros travaux

Passons maintenant à l’isolation !

Sur ce coup-là, pas de secret, une vraie bonne isolation s’obtient par des travaux, ou directement à la construction. Mais quelques astuces peuvent vous permettre de gagner quelques degrés sans casser les murs (ni votre porte-monnaie)

La base de la base : les tapis et rideaux. ça n’a l’air de rien comme ça, mais un grand tapis bien épais étalé sur un carrelage ou un parquet bloque tout de suite la sensation de froid, dans la pièce à vivre comme dans la chambre.

Les rideaux thermiques, quant à eux, sont en tissus épais et isolant. Fermés le soir et la nuit, ils empêchent la chaleur de sortir par le vitrage des fenêtres. On en trouve pour pas cher chez les grossistes de tissus, et ils peuvent aussi séparer des pièces moins chauffées.

Subdiviser le volume à chauffer permet d’économiser. Vous n’avez pas besoin que votre entrée, votre cuisine ou votre chambre soient à 19 °C : fermez les portes, et maintenez ces pièces quelques degrés en dessous, en profitant de la pièce à vivre mieux chauffée.

En parlant températures : visez 18-19°C dans les pièces à vivre, et 16-17°C dans les chambres, SDB et cuisines. Si vous le pouvez, investissez dans une grosse couette en plumes, en laine, en velours ou en polaire (les couvertures Thermolactyl de Damart par exemple)

Quand je vivais en Asie, j’ai dormi par 8°C dans des habitats traditionnels en bois ajouré, ouverts à tous les vents, sous ces fameuses couvertures à motifs en polaire: j’ai tapé mes meilleures nuits et ai dormi comme un bébé

Fermer les volets la nuit permet aussi de gagner quelques degrés. Sur les vitres, un film thermique temporaire peut renforcer l’isolation des fenêtres. Peu répandu en France, c’est très utilisé au Canada, et ça se trouve en magasin de bricolage

Autre idée : placer une panneau réfléchissant (en alu par exemple) entre vos radiateur et le mur. Cette technique permet d’éviter que la chaleur émise ne parte immédiatement dans le mur mal isolé, sans réchauffer la pièce. Au lieu de cela, elle rayonnera vers l’intérieur.

Evidemment, attention à ce que la matière de l’écran réfléchissant ne soit pas inflammable… Ajout de Nel dans un message perso : les réflecteurs de radiateur sont à éviter sur des radiateurs électriques, car il y a un risque de surchauffe, et il faut poser un réflecteur fait pour acheté en magasin après conseil d’un vendeur, pas un réflecteur bricolé maison, pour éviter les risques d’incendie.

Pour les plus motivés (et les plus frileux), il est aussi possible d’isoler ses murs de façon temporaire et même, sous certaines conditions, en location (si, si). Pour cela, on va utiliser la même technique que les van-lifeurs qui isolent leurs camions : le rouleau de liège !

Le liège est un matériau isolant imputrescible, naturel, sain, léger, solide, facile à manipuler, écolo et agréable à regarder. Oui, il est parfait.

Il est tout à fait possible chez vous d’installer ce matériau directement sur le placo, en le découpant aux dimensions voulues. Attention, il se colle, ce qui signifie qu’il faudra quand même le décoller, gratter et repeindre si vous êtes en loc (à moins que le proprio apprécie!)

Il s’installe sur les murs donnant sur l’extérieur. Bonus, c’est aussi un bon isolant phonique, vous pouvez donc le mettre sur les parois qui vous séparent de votre voisin amateur de clarinette nocturne :) et sa faible épaisseur ne vous fera pas trop perdre de place intérieure

Vous pouvez ensuite choisir de le recouvrir avec la finition de votre choix (par exemple un enduit en terre !) mais le laisser nu est tout aussi bien, c’est joli, on peut y punaiser des trucs et c’est agréable au toucher

Comptez 10-15€ du m² pour du 6-8mm d’épaisseur. Attention, le liège en rouleau est moins cher qu’en plaques mais plus difficile à poser, et certains conditionnements et colles lui donnent une mauvaise odeur, bien se faire conseiller en amont

Pour finir, pensez à dépoussiérer vos radiateurs (jusqu’à 10% de gain en rendement) et à porter des vêtements confortables et chauds en plusieurs couches. Les sous-vêtements thermiques notamment sont géniaux, on en trouve chez Uniqlo, Damart, Decathlon…

DEUXIEME PARTIE : choisir son mode de chauffage pour plus d’autonomie et d’économies (si on en a la possibilité et les moyens !)

Actuellement la majorité des logements sont chauffés au radiateur électrique ou alimentés par une ancienne chaudière à gaz ou au fioul. C’est pas la joie sur les factures. Mais des alternatives existent et se développent !

  1. Le poêle. Idéal dans une maison, c’est l’équivalent de la cheminée, avec un rendement très supérieur. Il y en a 3 types : à bois, dans lequel on met des bûches traditionnelles, à granulés, dans lequel on met des pellets de bois condensé, et mixte, qui combine les 2. Le poêle à bois permet une grande autonomie, fait de jolies flammes chaleureuses et est très économique, tandis que le poêle à granulés demande moins d’espace de stockage, a un meilleur rendement et peut être programmé pour un chauffage automatisé. Les poêles mixtes combinent les avantages des 2, en fonction de l’usage, des besoins et des ressources disponibles. S’il s’agit du chauffage principal, on se tourne plutôt vers un poêle granulé ou mixte, plus efficace et plus simple à gérer au quotidien.
  2. la chaudière à bois. C’est le même principe que le poêle à bois/granulés, en + gros et + plus cher. On en installe pour chauffer des logements grands ou collectifs. Certaines d’entre elles peuvent produire de l’eau chaude sanitaire, et ainsi remplacer votre chauffe-eau !
  3. Les chaudières à condensation (bois ou gaz). Ces chaudières récupèrent fumées et vapeur émises pour valoriser leurs calories, et ainsi gagner jusqu’à 30% de rendement, tout en réduisant drastiquement leurs émissions dans l’atmosphère. C’est la technologie la + efficace.
  4. la pompe à chaleur. Ce système fonctionne à l’électricité, avec une unité extérieure qui “pompe” les calories de l’air et les envoie dans les unités intérieures, qui les diffusent dans la maison. Une PAC peut être air-air ou air-eau, pour chauffer de l’eau sanitaire par exemple. C’est un appareil économique à haut rendement, et écologique.

Son fonctionnement peut sembler un peu abscons et complexe à expliquer sur Twitter, c’est pourquoi je vous laisse avec cette vidéo de Jamy qui explique comment ça marche. Merci Jamy !

TROISIEME PARTIE : architecture vernaculaire, éco-construction et chaleur.

Pour conclure ce thread, je vous propose un petit tour d’horizon des techniques “low-tech” développées par nos anciens, ou plus récemment, pour conserver son cocon bien au chaud en hiver.

Le mur trombe. Cette technique de chauffage passive permet d’optimiser l’énergie solaire incidente sur une maison. Il s’agit d’un mur massif à haute inertie, en pierre, en béton ou en terre crue ou cuite, qui va emmagasiner la chaleur le jour, et la rediffuser lentement la nuit.

Placé derrière une vitre, il présente des ouvertures au niveau du sol et du plafond. L’air chauffé par l’interface entre le mur et la vitre exposée monte, aspirant par effet de vide l’air froid intérieur, qui passe par les ouvertures en bas de mur et chauffe à son tour

Sur le seul principe de la serre, on trouve aussi les vérandas et les façades largement vitrées (en double vitrage bien isolé), qui font tampon thermique. Évidemment, ce sont des façades à protéger en été !

L’igloo. Cliché de l’habitat humain en milieu hostile, l’igloo rassemble tous les critères d’un habitat efficace : petit, avec un volume à chauffer simple et homogène, il était fabriqué avec un sas d’entrée opposé aux vents dominants.

Développé jadis par les communautés Inuits comme habitat temporaire pour se protéger du froid en hiver, il était parfois agrémenté de peaux de bêtes, l’ensemble permettant de maintenir une température de 0°C voire légèrement positive, même par des températures extérieures de -40°C.

La neige, du fait de la quantité d’air qu’elle contient, forme un excellent isolant. Dans certaines régions enneigées, des toits plats renforcés étaient conçus exprès pour la retenir, et ainsi renforcer l’isolation au plus froid de l’hiver.

L’isolation en fibre végétale. De tout temps, l’homme a utilisé la fibre pour s’isoler du froid. La chaumière normande en est un très bon exemple : de 30 à 50cm de tiges de roseaux viennent protéger le toit des intempéries et piéger la chaleur à l’intérieur.

Aujourd’hui, le métier de chaumier se développe à nouveau, et les chaumières neuves ou rénovées se multiplient. J’ai moi-même eu l’occasion de participer à une récolte de chaume dans l’estuaire de la Seine, au Havre, dans une des plus grandes roseraies de France.

L’isolation en paille. La plus ancienne maison isolée en paille de France a plus d’un siècle, il s’agit de la Maison Feuillette à Montargis, et elle est en parfait état !

Plus loin de nous, les colons américains ont développé une technique de construction en paille porteuse dans le Nebraska au XIXème siècle, à défaut de trouver du bois de construction dans les grandes Plaines. Certaines sont toujours debout aujourd’hui.

Renouvelable, très bon marché, confortable et saine, l’isolation en paille revient au goût du jour. On sait aujourd’hui la mettre en œuvre sans risque d’incendie, de pourrissement ou d’attaque par les nuisibles.

La paille porteuse (c’est à dire qu’elle joue un rôle structurel) reste plus rare, mais des expérimentations ont lieu pour la démocratiser.

Voilà qui conclue ce thread ! S’il vous a plu, et vous a semblé utile, je vous invite à le RT pour toucher le maximum de personnes qui pourraient y trouver des solutions pour affronter cet hiver, et la crise énergétique que nous traversons.

J’ajoute ce lien posté dans les réponses (histoire de faire d’une pierre deux coups) : Avoir chaud à l’ancienne : chauffer les personnes et non les espaces.

Je re-précise parce que ça ne semble pas clair : ce sont des astuces simples, économiques et rapides à faire soi-même chez soi. Évidemment, si vous en avez la possibilité, faites réaliser une rénovation thermique partielle ou complète sur votre habitation pour un résultat optimal.

Et dernier tip : consultez le classement énergétique de votre logement sur votre bail. S’il est classé G ou F, votre loyer est gelé depuis cet été, et le propriétaire ne pourra plus le louer s’il ne le rénove pas d’ici quelques années.

mardi 20 septembre 2022

En vrac du mardi

Tristan arrive chez Scaleway par Flock, sept. 2022

Ça faisait longtemps (vacances et nouvel employeur) que je n’avais pas publié un tel billet. Il est temps que reprennent ces revues de presse !

lundi 5 septembre 2022

Je rejoins Scaleway en tant que Sustainability Lead

TL; DR : je viens de rejoindre Scaleway (groupe iliad) en tant que Sustainability Lead (qu’on pourrait traduire par responsable du développement durable).


Je viens d’atteindre un but très important pour moi.

Je vous explique : ça fait pile poil 4 ans que j’ai reçu un électrochoc qui m’a fait (re-)prendre conscience de l’urgence climatique.

Quatre ans que j’essaye de faire ce que je peux pour que nous puissions prendre collectivement le virage climatique. J’ai changé certaines de mes [habitudes individuelles (par exemple ne plus prendre l’avion pour partir en vacances, aller bosser à vélo), j’ai lancé le podcast l’Octet Vert sur le numérique et le climat pour informer mon secteur économique de son rôle dans la catastrophe qui se déroule sous nos yeux. J’ai publié des articles sur mon blog pour parler du sujet (le déni, le deuil, les vacances à vélo, les week-ends bas-carbone TGV+vélo pliant), tenté d’écrire une fiction utopique pédagogique (pas réussi encore), donné des dizaines de conférences sur le climat et le numérique partout en France, participé à des salons et des ateliers, fait des dizaines de réunions et de mises en contact. Mais voilà, tout cela venait en plus de mon job… qui n’avait rien à voir avec le sujet. Passer à temps plein sur le sujet me tentait carrément, mais ça n’est pas facile. Alors j’avais beau tenir à Unsearch[1], j’ai décidé de mettre en place un processus pour changer de job[2]… Et ça a marché ! Aussi, j’ai le plaisir de t’annoncer, cher lecteur, que j’ai décroché un job de sustainability lead (en français on dirait « responsable développement durable ») chez Scaleway, la filiale Cloud d’iliad (la maison mère de Free). Et bien sûr, j’aurai un pied dans la partie Open Source aussi (on ne se refait pas).

Je n’ai que quelques jours d’ancienneté, mais je suis déjà ravi pour plusieurs raisons. Les collègues sont géniaux, pleins d’énergie, sympas, les locaux au top, le trajet vélotaf magnifique / superbe / enthousiasmant. Mais surtout, le projet d’entreprise est superbe, alliant souveraineté, innovation, transparence, numérique, logiciel, et aussi et surtout une préoccupation autour du climat, de la consommation d’eau et d’énergie, sans oublier la contribution à la société.

Bref, j’ai rejoint une entreprise qui va dans le bon sens face au défi climatique, veut y jouer un rôle de leader de l’industrie et j’y joue maintenant le rôle de chef d’orchestre de ce sujet. C’est un challenge, mais il est bigrement excitant et surtout il m’offre un alignement entre ce qui me préoccupe, ce qui m’intéresse, ce que je sais bien faire, ce dont le monde a besoin et mon emploi ![3]

Notes

[1] Tous mes voeux à la superbe équipe d’Unsearch, à qui je souhaite le meilleur du fond du cœur !

[2] Promis, je vous détaille ça dans un prochain billet !

[3] Pour ceux qui connaissent le concept d’ikigai, ce job le remplit parfaitement pour moi !

lundi 18 juillet 2022

Les 20 ans du Standblog

Paysage des gorges du Verdon

Alors franchement, ça paraît fou, j’ai moi même du mal à y croire : il y a 20 ans, je publiais un billet de blog (sans titre à l’époque) qui était le premier d’une longue série. 20 ans plus tard, avec une périodicité franchement aléatoire, je continue de publier. De nombreux sujets ont été abordés ici, reflets de mes préoccupations du moment : les standards du Web (qui ont donné leur nom au Standblog), la moto (parfois électrique), de photo (pas assez), de données personnelles, des conneries des GAFAM, d’environnement (depuis 2003 sauf que maintenant je parle plutôt de “climat”), de mobilités, de vélo, et de logiciels libres, forcément.

En quelques milliers d’articles (4768 en en comptant celui-ci), j’ai pu développer différents projets :

Le temps passant, les réseaux sociaux (Mastodon, Twitter) montant en puissance, alors j’ai concocté une petite revue de presse des trucs qui me marquent et m’intéressent : La rubrique En Vrac.

J’en profite pour saluer au passage quelques compagnes et compagnons de route depuis longtemps :

Et maintenant ? J’ignore de quoi l’avenir sera fait. J’espère bien que je continuerai à bloguer encore longtemps et à héberger ici, sur un service dont j’ai la relative maîtrise, mes contenus personnels !

lundi 27 juin 2022

Livre Green IT, les clés pour des projets informatiques plus responsables

Couverture du livre Green IT, Les clés pour des projets informatiques plus responsables

Préface

Il y a quelques jours est paru aux éditions ENI un nouveau livre intitulé Green IT, les clés pour des projets informatiques plus responsables. Et l’autrice (Margerie Guilliot) et les auteurs (Raphaël Lemaire et Sylvain Revereault) ont eu la gentillesse de faire appel à mes services pour rédiger la préface, ce que je me suis empressé d’accepter. Avec leur autorisation et celle de l’éditeur, la voici :


J’écris ces lignes quelque temps après la parution du 3e volet du sixième rapport du GIEC. Soyons honnêtes : c’est la quatrième claque que je prends en lisant un tel rapport en quatre ans. Les scientifiques ne cessent de sonner l’alarme et il semble que cette fois-ci, le public daigne tendre l’oreille. Les conclusions des chercheurs sont pourtant simples :

  1. Il n’y a aucun doute, le changement climatique est l’œuvre de l’humain.
  2. Les conséquences sont que les phénomènes météorologiques extrêmes seront plus fréquents et plus intenses.
  3. On peut changer la trajectoire et respecter l’accord de Paris (en limitant le réchauffement entre 1,5 et 2°C) si tout le monde s’y met, en particulier en réduisant massivement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre.

Pour des raisons de simplicité, je choisis ici de me focaliser sur les émissions de gaz à effet de serre, mais il ne faut pas pour autant oublier qu’il y a bien d’autres sujets préoccupants, comme la pollution, l’effondrement de la biodiversité, et l’épuisement des ressources.

Ce qui nous arrive ici est difficile à appréhender pour plusieurs raisons. La première est psychologique et liée au fonctionnement même de notre cerveau. Structurellement, ce dernier permet de faire face à des menaces immédiates (se défendre face à un prédateur ou un ennemi) ou des besoins à courte ou moyenne échéance. Ainsi, des mécanismes comme le circuit de la récompense permettent d’avoir envie de se nourrir aujourd’hui pour vivre demain et de se reproduire dès que possible pour permettre la survie de l’espèce. Mais en ce qui concerne la prévention de menaces futures, nous sommes très mal équipés et avons tendance à faire preuve de déni collectif, ce qui nous a fait perdre beaucoup de temps face à la crise climatique. Songez que le rapport Meadows sur les limites de la croissance nous alertait dès 1972 – il y a 50 ans ! – et que le premier rapport du GIEC a été publié dès 1990.

La deuxième raison qui limite notre envie de changement est historique : le changement climatique est un produit de la révolution industrielle. Depuis l’invention de la machine à vapeur puis du moteur thermique, l’humanité a fabriqué des machines qui ont transformé radicalement nos vies en impactant notre environnement. En passant de l’artisanat à l’industrie, en multipliant les machines, il est devenu possible de fabriquer des biens d’équipement à une très large échelle, de mécaniser l’agriculture et tout ce qui fait la différence entre la France de 1850 et celle de 1950. Les carburants fossiles (pétrole, gaz, charbon) ont rendu cela possible. L’inconvénient – majeur ! – est que la combustion de ces énergies fossiles émet du dioxyde de carbone (premier gaz à effet de serre) en telles quantités que l’atmosphère de la planète en est changée et retient plus la chaleur émise par le soleil, ce qui provoque le changement climatique. Ceci est complété par les émissions du deuxième gaz à effet de serre par ordre d’importance, le méthane, qui provient pour sa part de fuites des exploitations de gaz, de pétrole et de charbon, ainsi que de l’élevage bovin.

Bref, ce qui a permis d’augmenter notre niveau de confort dans certains pays et de multiplier la population par trois en soixante-dix ans est aussi ce qui mène cette même population et ce même confort au pied du mur.

Pour éviter la catastrophe écologique, pour prendre le virage climatique, il faut réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et donc arrêter de brûler des carburants fossiles.

Inévitablement, dire qu’il va falloir réduire notre consommation d’énergies fossiles pour éviter la catastrophe climatique est difficile à entendre : beaucoup savent qu’il faut changer, mais personne n’a envie de changer ses habitudes de consommation et de travail, faute de pouvoir imaginer un monde meilleur avec moins d’énergie disponible. Alors on évite d’y penser, on refuse de voir les conséquences de nos actes, on reste dans le déni, on peste contre « les écolos » et autres « khmers verts » et on se trouve des excuses pour retarder le moment où on va s’y mettre. Et plus nous attendons, plus c’est urgent et compliqué, parce qu’il nous faudra rattraper le temps perdu.

L’autre révolution

Après la révolution industrielle, il y en a eu une autre, qui est toujours en cours : la révolution numérique. De même que les machines de la révolution industrielle ont démultiplié la force physique de l’homme, le numérique démultiplie la puissance intellectuelle de l’humain, sa capacité de calcul, de mémorisation et de communication à distance. C’est un changement phénoménal pour l’humanité !

Loi de Moore et croissance

Nous venons de fêter les cinquante ans d’un objet qui a changé nos vies, le microprocesseur. En effet, en novembre 1971, Intel lançait le premier microprocesseur commercial, le 4004. Sa puissance est risible de nos jours, mais avec ses 2300 transistors, il combinait en 10 mm² la même puissance qu’un ordinateur ENIAC qui occupait 167 m² et pesait 30 tonnes.

Gordon Moore, cofondateur d’Intel, avait une théorie qu’on a ensuite nommée la loi de Moore : « la complexité (et indirectement la puissance) des circuits intégrés (microprocesseurs et mémoire) double tous les deux ans ». Cette prédiction empirique s’est révélée étonnamment exacte. Ainsi, depuis cinquante ans, la puissance de nos appareils électroniques double tous les deux ans. Corollaire : on arrive à faire de nouveaux appareils plus petits sans sacrifier leur puissance de calcul. Cela a été une formidable occasion pour pousser à un renouvellement frénétique du parc informatique installé, et pour faire des objets numériques plus petits (tablettes, smartphones) vendus à une audience plus large. Alors que la loi de Moore semblait s’essouffler pour les microprocesseurs Intel utilisés dans les PC, elle continue de fonctionner pour les microprocesseurs ARM qui équipent smartphones et tablettes, relais de croissance pour les fabricants.

Loi de Wirth et gaspillage

Pourtant, une autre loi empirique – dite loi de Wirth – affirme que « les programmes ralentissent plus vite que le matériel n’accélère ». Cela faisait dire à certains, à l’époque où le numérique était incarné par des PC (à processeurs Intel) faisant tourner du logiciel Microsoft, « ce qu’Intel vous donne [en progrès du matériel], Microsoft vous le reprend [en ralentissement du logiciel] ».

Ces renouvellements à marche forcée du matériel et du logiciel ont fait le bonheur et la fortune des informaticiens et fabricants de matériel pendant cinquante ans. Le matériel informatique peut durer cinq à dix ans car il s’use peu, mais on a eu tendance, en raison de la loi de Moore, à le renouveler tous les deux ou trois ans, parce que rendu obsolète par les nouvelles générations de matériel, plus puissant et moins cher. Rappelons qu’en occident, les smartphones sont changés en moyenne tous les vingt-trois mois !

Tout cela a un coût écologique très significatif, par l’utilisation de l’énergie et des matières premières, par la pollution et les émissions de gaz à effet de serre que cela implique. On a pu l’ignorer pendant des décennies, mais maintenant que l’urgence climatique est là, ça ne peut plus durer.

Le pharmakon, ou l’ambivalence du numérique

Nombreux sont les informaticiens qui vous expliqueront que le numérique permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et il est vrai que les exemples ne manquent pas. Le numérique fait partie du problème, mais il fait aussi partie de la solution.

Oui, le numérique permet d’optimiser des processus industriels pour les rendre moins consommateurs d’énergie. Il permet tout autant de faire des plateformes en ligne permettant le réemploi d’objets. On pense à Vinted pour les vêtements, Back Market pour le matériel électronique, Leboncoin pourtous les types d’objets. Il permet aussi de simplifier le covoiturage et donc de réduire la consommation d’énergie par passager d’un véhicule. Dans des domaines bien plus sophistiqués, l’Intelligence Artificielle (IA) peut permettre de faire de la maintenance préventive de machines de façon à ne changer que les pièces sur le point de lâcher. L’IA est aussi utilisée pour simuler les réactions du plasma nécessaire à la fusion nucléaire, source d’énergie qui pourrait à long terme remplacer les énergies fossiles. Les exemples ne manquent pas, mais à vouloir faire de belles promesses vertes, on tombe trop souvent dans le greenwashing…

Il y a 2 800 ans, Homère utilisait le mot pharmakon pour décrire, en grec ancien, la situation du numérique actuel : il est à la fois remède et poison.

Pas de joker pour le numérique

Pour que le numérique soit utile dans la lutte contre le changement climatique, il est impératif que l’aspect remède l’emporte aussi largement que possible sur la dimension poison. C’est un raisonnement imparable d’un point de vue logique et même arithmétique. Et pourtant, lors de conversations avec d’autres informaticiens, j’ai pu constater que trop souvent ils espéraient avoir carte blanche pour continuer à se vautrer dans la surenchère numérique, dans l’obsolescence programmée, dans l’innovation qui serait l’incarnation même du progrès, ce phénomène qu’on n’arrête pas. « Les autres industries comme l’aéronautique, l’automobile, le bâtiment, etc. peuvent et doivent faire des efforts », disent-ils, « mais nous, nous faisons partie de la solution, on peut continuer comme avant ».

Et pourtant non. C’est en les écoutant qu’on se souvient de cette citation d’Upton Sinclair, intellectuel américain du XXe siècle : « Il est très difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand il est payé pour ne pas le comprendre ».

Le temps de l’action et les moyens qui vont avec

Si vous avez ce livre entre les mains, c’est bon signe : vous avez fait le premier pas, celui qui coûte le plus. Inventer un numérique qui est plus du côté de la solution que du problème. Et avec ce livre, vous avez aussi mis la main sur les outils dont vous allez avoir besoin pour cette mission : mesurer les impacts environnementaux, pour commencer, ce qui permettra de voir quels leviers sont les plus efficaces, et de savoir si on avance dans la bonne direction ; optimiser le matériel, mais aussi l’hébergement des services ; comprendre comment diffuser ce changement dans l’entreprise et embarquer les collaborateurs dans cette mission.

Sobriété ou ébriété ?

Et alors, on arrivera à un numérique moins consommateur en ressources et en énergie. On disposera donc d’un numérique plus sobre. Rappelons-nous que le contraire de la sobriété est l’ébriété. Et si on regarde courageusement les choses en face, il nous faudra reconnaître qu’en tant qu’industrie, nous nous sommes abreuvés à la fontaine d’abondance de la loi de Moore, et ivres de croissance, avons enfanté la loi de Wirth.

Ces habitudes doivent être celles du passé, car face à nous se trouve le défi de la crise climatique, qui n’est rien de moins que le plus grand défi auquel doit faire face l’espèce humaine au XXIe siècle. Le besoin est là, les outils sont là, il ne reste plus qu’à retrousser nos manches et faire de l’industrie du numérique un exemple d’une industrie responsable qui tient sa place et joue son rôle. Je le constate au quotidien : autant voir la crise climatique en face peut être facteur d’angoisse, autant se mettre en action est libérateur !

vendredi 24 juin 2022

En vrac du vendredi

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