mardi 3 décembre 2019

En vrac du mardi

Velo dans le bois de Boulogne

En allant travailler à vélo via le bois de Boulogne

Les émissions mondiales sont largement tirées vers le haut par la Chine et, à un moindre degré, par l’Inde. Mais, note le rapport du PNUE, « les pays développés ne peuvent pas se contenter de réduire leurs émissions nationales en les exportant vers les économies émergentes ». Lorsque l’on inclut les émissions de CO2 générées par la production des biens importés, un Européen pollue un peu plus qu’un Chinois – avec respectivement 8,1 et 6,1 tonnes par an et par habitant.

  • Encore quelques jours avant la grève du 5 décembre. L’excellent Jérôme Sorrel fait un fil sur Twitter pour expliquer comment le vélo pourrait vous aider : 1 jour 1 conseil pour remettre en route votre vélo qui dort dans la cave. Extraits :
    • 1/ le mieux: commencer par le nettoyer, le rendre propre, graisser légèrement chaine, axes (pédalier/moyeux/ direction) et prendre rdv chez vélociste du coin. Ou faire venir le réparateur à vous (mécanos à vélo). N’attendez pas, il y a souvent plus de 7 jours de délai.
    • 2/ pas de vélo dans la cave? Si votre ville est équipée de vélos en #freefloating ou vélos en libre-service. Il est temps de s’abonner. Attention: pendant la grève, ces machines seront prises d’assaut. Va falloir prévoir de partir +tôt, avant le rush…
    • 3/ vérifier les pneus. A l’œil. Craquelés, secs, on les change pour des pneus dimensions équivalentes (cf chiffres sur les flancs). Peur de se gourer, prenez une photo des chiffres et montrez la au vendeur/euse. Bon état visuel, gonflez les, pompe à pieds. Ok on gonfle les pneus! Mais quelle pression, tonton ? La bonne, Simone ! C’est écrit sur le flan en psi par ex. Pas assez = vélo qui colle à la route, mou comme une saucisse dans les virages. Trop = vélo tout raide, risque d’éclater le pneu. Pas idéal donc…
    • 4/ Les freins! car les freins c’est la vie. Vérifier tension des câbles, état des patins, alignement sur les roues. On peut graisser les parties mobiles. Si freins à tambour ou rétropédalage, venez m’aider, je n’ai aucune idée de la mécanique qui s’y cache. => parlez-en à votre vélociste ;
  • Le réchauffement climatique lié aux activités humaines est connu depuis 40 ans ;
  • Le «covélotaf», et si on pédalait ensemble jusqu’au boulot ? ;
  • Un joli texte sur le vélo et le bonheur qu’il apporte. « hier, j’ai traversé Paris, franchi ses carrefours thrombosés de bagnoles en un rien de temps. J’ai passé quatre heures dans une cour d’immeuble à dépanner un vieux et magnifique Peugeot, changer sa mâchoire de frein déglinguée et sa manette de changement de vitesses fatiguée. A la fin de la journée, un sourire béat aux lèvres, je suis rentrée chez moi en réalisant que ce travail dans cette cour humide, loin du bruit et des interruptions incessantes de l’open space, me donnait autant de bonheur que de pédaler sans entraves. Un travail humble, qui ne rapporte rien, mais qui me donne le sentiment d’être puissante et libre. » ;
  • Le nombre de cyclistes bondit de 54% en un an à Paris. « Le nombre de vélos a augmenté de 54 % entre septembre 2018 et septembre 2019, sur 56 sites équipés de compteurs par la mairie de Paris. En septembre, les compteurs enregistraient 1630 cyclistes quotidiens par tronçon en moyenne, contre 1030 un an plus tôt! ». Voir aussi un article un peu plus ancien : De plus en plus de cyclistes roulent dans Paris ;
  • Devrait-on mettre les SUV hors la loi ? Should we outlaw SUVs? ;
  • Passionnant : Mise en perspective des impacts écologiques du numérique. Netflix est une horreur écologique, mais ça reste limité par rapport au reste ;
  • On ne sauvera pas le Web en dînant avec ses assassins , tribune d’Olivier Ertzscheid ;
  • Le même Olivier Ertzscheid s’enflamme encode sur l’achat par Mike Bloomberg de toutes les variations autour du mot climat sur Google Ads : La changement climatique n’existe pas. Seul compte le taux de change du mot climat.

dimanche 1 décembre 2019

Bilan un an de Velotaf

VTT au bord de la mer

Un peu de contexte

Il y a un an jour pour jour, le 1er décembre 2018, j’ai fait un changement qui pourrait sembler anodin : j’ai décidé de changer de moyen de transport pour aller bosser. Six mois plus tôt, j’ai commencé à travailler dans une entreprise dont les locaux sont à coté de la Porte Dauphine, un coin peu pratique pour moi. Soit j’y vais à pieds (45 mn) soit j’y vais à métro (35 mn dont 30 à pieds) soit c’est le RER, mais les horaires sont trop irréguliers. J’ai envisagé de racheter un scooter (j’ai roulé 20 ans à Paris en scooter), mais il était hors de question de revenir en arrière et retrouver les problèmes qui vont avec : manque d’exercice, stress et danger, sans parler de la pollution sonore, du CO2 et des micro-particules rejetés dans l’atmosphère. Bref, j’ai craqué pour un vélo pour me déplacer au quotidien.

Velo Moustache Samedi 27 X-Road

Le choix de l’assistance électrique

Compte tenu de ma forme physique pas franchement éblouissante, le fait qu’il faille monter une côte (le bureau est en haut de la colline de Chaillot, celle où se trouve le Trocadéro) et mon besoin de porter une veste pour certains rendez-vous, j’ai opté pour un vélo à assistance électrique. Il y a à coté de la maison un magasin qui me fait de l’oeil depuis plusieurs années. J’ose enfin y rentrer, et j’opte pour un vélo Moustache X-Road équipé d’une motorisation Bosch. Au fil du temps, je l’équipe d’un cartable spécial qui s’accroche facilement au porte-bagages, je fais monter une tige de selle dotée d’un amortisseur et ensuite un meilleur phare. Toujours pour des raisons de sécurité, je « mochifie » l’engin avec du scotch réfléchissant. Une petite sacoche pour y stocker mon pantalon de pluie, une autre pour une chambre à air de secours et une bombe anti-crevaison, une loupiote clignotante rouge à l’arrière pour compléter le feu de série. Ma chérie me pousse à acheter un casque, et en vieux motard prévoyant, je porte des gants (ce sont les mains qui prennent toujours en premier en cas de chute).

Vélo au bois de Boulogne, en bord de lac

À l’usage

Les premiers tours de roues sont un peu intimidants : pas facile de rouler sans carrosserie au milieux de ces gens qui roulent comme des dingues avec leurs moteurs vrombissants ! Et puis il faut trouver son chemin, découvrir les pistes cyclables, appréhender les trajets et redécouvrir les côtes. Heureusement, l’électrique aide bien ! Une pente et pas envie ou pas possible de faire l’effort à cause des vêtements, de la température ou du rendez-vous qui vient ? Hop, on augmente l’assistance et ça va mieux ! Au bout de quelques mois de pratique, on mémorise les pistes cyclables, les meilleurs chemins à prendre et les coins à éviter. On gagne aussi en assurance (tout en restant prudent) dans le chaos de la circulation parisienne.

Quelques changements inattendus

La perte de poids

Une des raisons pour prendre un vélo était de ne pas revenir au scooter et à la sédentarité qu’il implique : quand on a un scooter, on se gare tout près du bureau et de la maison, et donc on fait très peu d’exercice. C’est à peine mieux en voiture. J’avais déjà perdu du poids en passant aux transports en commun, je voulais continuer à faire de l’exercice. Grand bien m’en a pris, puisque j’ai perdu 6 kilos supplémentaires, ce qui fait que je me sens beaucoup mieux dans ma peau.

L’équilibre mental

Mon médecin me disait récemment de faire de l’exercice pour être moins stressé. C’est bien ce que je fais ! J’ai un job pas reposant, mais le vélo m’aide beaucoup à trouver l’équilibre, à prendre du recul. Je trouvais mon trajet de 4 km (en aller simple) un peu court, j’ai donc cherché comment le rallonger. C’est ce que je fais quasiment tous les matins en passant par le bois de Boulogne, ce qui double la distance le matin. Le soir, étant souvent pressé, je prends le chemin le plus direct, ce qui me fait généralement 12 km par jours si je n’ai pas de rendez-vous à l’extérieur. C’est d’autant meilleur que le passage par le bois de Boulogne fait une véritable coupure dans la journée. La plus grande surprise du vélo, c’est la sérénité qu’il m’a apporté.

Velo au bois de Boulogne

Mon vélo au bois de Boulogne, devant le kiosque de l’empereur

La piquouse vélo

Étant du genre obnubilé par mes occupations et ayant envie de les partager, j’ai proposé à mon épouse de lui offrir un vélo à assistance électrique. Elle a refusé avant d’accepter un vélo dit “sec” (ou “musculaire”), c’est à dire sans assistance… ce qui a inévitablement impliqué que je m’en achète un aussi. Nous voici donc tous deux équipés de « randonneuses », ces vélos de route prévus pour la randonnée. Nous les avons pris pour faire un tour sur les pistes cyclables du Calvados pendant l’été. Depuis leur achat, nous avons fait plus de 800 km avec !

Avec mon épouse vers la fin du voyage

Le gain de temps

Avant, aller au bureau et en revenir me prenait 1h10 par jour. Maintenant, c’est 30 mn (en direct) à 45 mn (si je rallonge), mais avec la vraie sensation de m’être dépensé et ce, 5 jours par semaine (souvent plus car je fais aussi du vélo le week-end). Du coup, j’ai résilié mon abonnement à la salle de sport ! Ça tombe bien, ça me gonflait d’y aller et ça ne m’apportait pas grand chose…

Un an et quelques chiffres

  • Près de 4000 km en un an :
    • 2800 km parcourus avec le vélo à assistance électrique
    • 800 km avec le vélo sec
    • 300 km environ avec mon vieux VTT
  • 6 kilos perdus et une forme physique largement meilleure
  • 1 crevaison
  • une demi-douzaine de cyclistes dépannés avec mes talents de bricoleurs
  • une demi-douzaine de fois où j’ai du utiliser mon pantalon de pluie

Bref, si votre trajet maison-travail fait moins de 10 km (aller) et que vous n’habitez pas en haute montagne, il y a de grandes chances que vous puissiez le faire à vélo. Oui, le changement peut faire peur. C’est normal, et du coup on a vite fait de se dire « le vélo, ça n’est pas pour moi car [insérez ici l’excuse de votre choix] ». Et pourtant. Il y a plein de choses qu’on peut changer si on prend le problème à bras le corps. Besoin de transporter une guitare ? C’est possible. Des enfants ? C’est possible aussi. Du matériel lourd ? Oui, aussi. Besoin de prendre le train ? Fastoche !

En fait, en terme de vélo, je n’ai qu’un regret : n’avoir pas commencé plus tôt !

mardi 26 novembre 2019

Place aux jeunes dans la lutte contre la surveillance

Il y a quelques semaines, j’étais contacté par une étudiante recommandée par une amie pour l’aider un travail lié à la vie privée. J’essaye autant que possible de me rendre disponible pour ce genre de choses, et là, j’ai eu le nez fin (ou plus précisément de la chance) : la jeune Zuzanna Sonenberg qui me posait des questions a publié un mémoire qui a été récompensé du 1er prix Mazars Bernheim[1] pour son mémoire « The electronic and economic mass surveillance of GAFAM » librement téléchargeable sur le Standblog (format PDF, 5,2 Mo). J’ai posé quelques question à Zuzanna quelques questions pour mieux comprendre son travail. Les voici :

Bonjour Zuzanna, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Zuzanna Sonenberg, j’ai 24 ans. Je viens de quitter les bancs de l’école et m’apprête à entrer dans la vie active. Je suis diplômée de Sciences Po Aix et de l’Université Paris-Dauphine. J’adore voyager et regarder des documentaires Arte.

Vous avez rédigé un mémoire sur la surveillance de masse, pourriez-vous le résumer, quelles en sont les conclusions ?

A travers ce travail, j’essaie de démontrer à quel point les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sont omniscients et n’existent que grâce à nos données personnelles. Ces entreprises ont mis au point des business model très lucratifs reposant sur la collecte et l’exploitation des data de leurs utilisateurs en échange de services numériques en apparence gratuits. Toutefois, ces mêmes services sont en réalité de puissantes armes de surveillance de masse. L’agrégation continue des données personnelles permet à ces acteurs privés de suivre leurs utilisateurs partout en tout temps. Ce mémoire propose ainsi une analyse du système de surveillance et de contrôle mis en place par les plateformes numériques en mobilisant les concepts de Michel Foucault, Gilles Deleuze, Antoinette Rouvoy et Shoshana Zuboff, afin de comprendre son fonctionnement et son fort ancrage dans notre société contemporaine.

En vue de confronter le cadre conceptuel à la réalité, une étude quantitative a été réalisée de manière à comprendre les habitudes des individus sur internet et déceler leur perception des GAFAM. L’étude illustre une lucidité certaine des utilisateurs sur la nécessité de se protéger contre les risques associés à l’extraction et au traitement des données personnelles par les GAFAM. Néanmoins, elle souligne également une importante méconnaissance des solutions alternatives aux géants du Web et un manque de réflexion de la part des répondants sur leur responsabilité individuelle dans le capitalisme de surveillance actuel. Par ailleurs, ne disposant pas d’une entière compréhension de l’ampleur ni des enjeux liés à la collecte de leurs données, les individus ne peuvent réellement se mobiliser et lutter conjointement contre ce phénomène. Quelques recommandations sont donc proposées pour agir à l’échelle individuelle, collective et institutionnelle afin de changer les réflexes et usages des internautes.

Comment vous est venue l’idée de travailler sur ce sujet ?

Je suis partie d’un constat personnel : tout mon entourage était très favorable au développement et à l’utilisation massive des nouvelles technologies. Mes amis souhaitaient accroitre leur accès aux services connectés et désiraient un monde davantage numérisé. Mes cours à la fac promouvaient également l’utilisation des technologies et des objets connectés. Ce discours unanime dominant m’a rendue sceptique. Je me sentais mal à l’aise, car cette digitalisation croissante de notre société ne me réjouissait aucunement. Tous les partis parlaient d’une même voix pour vanter les bienfaits des services numériques sans interroger leurs potentiels dangers. J’ai donc décidé d’explorer la face sombre du monde numérique en me concentrant sur les GAFAM, qui représentent le modèle le plus abouti du capitalisme de surveillance.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ou intéressé en travaillant sur ce sujet ?

Ce qui m’a le plus surpris en travaillant sur ce sujet est le manque de réflexion personnelle sur le fonctionnement des services numériques et le manque d’un sentiment de responsabilité individuelle dans le processus de collecte des données de la part des utilisateurs des GAFAM. Il est évident que ces acteurs ont révolutionné nos vies et que nous ne pourrons cesser du jour au lendemain d’utiliser leurs produits. Néanmoins, il est du devoir et de la responsabilité de chacun de prendre en charge sa destinée numérique. En acceptant, sans ne jamais les lire, les conditions d’utilisation des plateformes connectées, les individus donnent volontairement et intentionnellement leur accord pour le traitement et l’analyse de leurs données personnelles par des tiers. Ils devraient, à mon sens, se questionner sur le caractère gratuit des services offerts, sur l’essence de la rentabilité financière des GAFAM et être plus vigilants dans l’espace virtuel au lieu de se laisser distraire et se complaire dans un système qui viole leur vie privée.

Merci Zuzanna, il ne reste plus qu’à souhaiter bonne lecture aux lecteurs anglophones du Standblog !

Note

[1] Cf aussi sur Twitter.

mardi 19 novembre 2019

En vrac du mardi

Vélo en bord de mer

lundi 4 novembre 2019

En vrac de Novembre

Vélo en bord de mer

Citation du jour, à propos du changement climatique, extraite d’un billet du blog Signaux Faibles :

Quand nous nous repencherons dans vingt ans sur la période actuelle, nous serons surpris de la timidité de certaines décisions, de la superficialité de certains argumentaires déployés pour freiner les changements, de la médiatisation apportée à certains discours rétrogrades. Nous les regarderons de la même façon que nous considérons aujourd’hui les thèses climatosceptiques d’un Claude Allègre qui ont pourtant été développées, médiatisées et soutenues (par des personnalités comme Luc Ferry) il y a moins d’une décennie… Demain, les positions aujourd’hui considérées comme radicales paraîtront plutôt banales. La radicalité de demain ne sera pas celle que l’on croit. Nous n’avons encore rien vu.

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