Environnement

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dimanche 6 novembre 2022

Lettre à un boomer

C’était il y a quelques jours, sur LinkedIn. Les “hasards” de l’algorithme de recommandation me proposent un billet énervé d’un ancien de Total Energies et de BNP Paribas. Il s’enflamme dans un propos pas très cohérent « on va encore avoir droit à la jubilation de tous ces éco-hypocrites qui vont glousser et à nouveau taper sur nos fleurons nationaux ! ». Il faisait sûrement référence au fait que ses deux précédents employeurs venaient d’être épinglés pour le manque d’action pour le climat. Je ne mets pas de lien vers son billet, ça n’a pas beaucoup d’intérêt en tant que tel : je ne souhaite pas pousser les gens à lui tomber dessus.

Par contre, j’ai eu envie de lui faire une réponse, pas tant pour lui que pour tous ceux — et ils sont nombreux — qui sont encore dans le déni face au climat. Tous ceux aussi qui ont travaillé pour des grandes entreprises qui ont hypothéqué le futur des humains sur cette planète, ont participé à la destruction de la biodiversité et émis de grandes quantités de gaz à effet de serre sans essayer de changer leurs pratiques. Autrement dit, presque tous les professionnels.

Voici donc ma réponse à ce monsieur :


Monsieur, je comprends qu’en tant qu’ancien de BNP Paribas et de Total Energies, vous ayez du mal à accepter d’avoir apporté votre contribution à des entreprises qui tuent la planète et ruinent l’avenir de l’humanité.

Je comprends aussi votre difficulté à admettre que ce jeu qu’est votre carrière et dans laquelle vous avez réussi soit devenu un jeu où les jeunes ne veulent plus jouer, car ils ont compris les conséquences de leurs actes et préfèrent avoir un avenir plutôt qu’une carrière.

Mais cracher sur ceux qui ont compris cette problématique est déshonorant pour vous. N’ajoutez pas ce déshonneur à la douleur d’avoir perdu vos rêves de croissance infinie dans un monde fini.

Dans ce contexte, la colère est inévitable. Votre déni est trop commun. Il vous faut faire le deuil de vos rêves de boomer. Je sais, j’ai eu les mêmes.

Il va falloir passer à l’acceptation.

Débranchez LinkedIn, allez prendre l’air, prenez du recul face à votre carrière et faite face à la réalité : le monde de demain ne peut pas reposer sur les épaules et les méthodes de gens qui veulent faire comme avant. Il est temps de changer, de relever nos manches et de faire mieux, différemment. Vous ne regretterez pas ces efforts, croyez-moi.

lundi 26 septembre 2022

Comment protéger son logement du froid sans faire de gros travaux et pour pas cher

L’excellente Nel aka npilayan sur Twitter, architecte branchée bio-construction, nous a fait un fil d’anthologie qui va être utile à plein de gens : comment protéger son logement du froid, sans faire de gros travaux et pour pas cher.

Sans plus attendre, la parole à Nel !


Les températures baissent, et on a tous les yeux rivés sur le prix de l’énergie, en se demandant comment on va se chauffer. Vu le succès du thread sur la canicule, je vous propose son équivalent pour l’hiver : protéger son logement du froid - thread d’architecte !

Il est divisé en 3 parties : des astuces abordables et applicables en appart/en maison (même en location), des conseils sur le choix du mode de chauffage si on veut/peut en changer, et des références architecturales de techniques vernaculaires pour conserver la chaleur en conclusion.

PARTIE 1 : les astuces abordables pour réduire la facture de chauffage

Étanchéité à l’air

Les travaux d’isolation et de rénovation thermique à proprement parler, en revanche, feront l’objet d’un futur thread à part entière. Il y a bcp à dire et c’est un trop vaste sujet pour l’ajouter ici, par ailleurs, ce sont des travaux qui s’effectuent plutôt à la belle saison :-)

Commençons par la base : ce qui protège votre logement du froid, c’est d’une part, le fait qu’il soit étanche à l’air froid extérieur, et d’autre part, qu’il soit isolé du froid qui se diffuse par rayonnement à travers la matière des parois.

Sur ce schéma, toutes les sources de “fuite” de la chaleur : un isolant absent, mal posé ou de façon discontinue, des ponts thermiques entre les étages, et des fuites d’air au niveau des menuiseries. J’ai oublié de le dessiner mais le simple vitrage évidemment joue aussi

Autrement dit, il y a deux façons de mieux protéger un logement : en bouchant toutes les fuites d’air, et en améliorant la résistance thermique des murs, portes, toitures, sols et fenêtres. On veut empêcher le froid d’entrer, et la chaleur de sortir.

Commençons par les fuites d’air. Elles sont très fréquentes dans le bâti ancien. La majorité d’entre elles se trouvent au niveau des menuiseries, sur le pourtour des fenêtres et de la porte d’entrée. Si vous en avez les moyens, faites-les changer pour des produits récents, notamment des fenêtres à double vitrage et des portes isolantes. Sinon, vous pouvez les calfeutrer au niveau des ouvrants, par exemple avec des rouleaux de joints de fenêtre et des bas de porte isolants (on en trouve à 10€ en magasin de bricolage)

Il peut aussi exister un jour de quelques millimètres entre le mur et la partie fixe des fenêtres (le “dormant”), à cause d’un joint absent ou détérioré. Pour le colmater, vous pouvez faire un joint acrylique très simplement, avec un pistolet à cartouche. Le matos coûte 15€ :

Pour la mise en œuvre exacte, difficile de faire un tuto sur Twitter, mais ce n’est pas très technique, c’est réalisable simplement et vous trouverez facilement des conseils en magasin. Surtout, il existe des trillions de tutos complets sur Youtube : TUTO Poser des joints d’isolation aux fenêtres.

Dans les rares cas où ce jour est plus important, vous pouvez placer un joint fixe collé en mousse, caoutchouc ou silicone, ou de la mousse polyuréthane expansive que vous gratterez ensuite pour une finition discrète.

Cette mousse, c’est une merde écologique à ne pas utiliser en neuf, mais extrêmement efficace pour dépanner dans l’ancien. Vous pouvez l’utiliser pour tous les trous dans la maçonnerie qui font courant d’air : passage de tuyaux, défauts de construction, trou accidentel…

Le principe, c’est qu’on en injecte UN PEU (un peu) là où on veut colmater, la mousse va s’expandre au contact de l’air, puis durcir. Il ne restera plus qu’à couper le surplus !

Si vous êtes en appart, vérifier aussi les gaines (les espaces encloisonnés par lesquels les réseaux eau et électricité passent d’un étage à l’autre). Souvent la trappe pour y accéder est mal isolée, et laisse passer l’air.

Attention pour autant, si vous souhaitez éviter une fuite d’air constante chez vous, votre appartement doit tout de même être correctement ventilé, pour deux raisons essentielles : l’humidité et la pollution de l’air ambiant.

En effet, un air humide est beaucoup plus difficile à chauffer qu’un air sec, et nous produisons beaucoup d’humidité par nos respirations, notre cuisine et nos douches. Par ailleurs, un air confiné concentre très vite les polluants nocifs pour la santé et fait moisir les surfaces

Pour cette raison, laissez fonctionner votre ventilation mécanique (VMC) s’il y en a une, et d’ailleurs DEPOUSSIEREZ-LA, ce n’est jamais fait alors que c’est primordial !! Si pas de VMC, aérez 10min par jour, le matin, en ouvrant 2 fenêtres opposées pour faire courant d’air.

ça peut paraître contre-intuitif, mais ce simple geste aidera grandement vos radiateurs à chauffer les pièces. Le reste du temps, l’étanchéité à l’air permettra de ne pas perdre de chaleur en continu.

Dans un logement récent et bien étanche à l’air, ou en construction, privilégiez l’installation d’une VMC double-flux : elle récupère les calories de l’air sortant pour réchauffer l’air entrant, au lieu d’aspirer directement l’air froid de l’extérieur.

Isoler sans faire de gros travaux

Passons maintenant à l’isolation !

Sur ce coup-là, pas de secret, une vraie bonne isolation s’obtient par des travaux, ou directement à la construction. Mais quelques astuces peuvent vous permettre de gagner quelques degrés sans casser les murs (ni votre porte-monnaie)

La base de la base : les tapis et rideaux. ça n’a l’air de rien comme ça, mais un grand tapis bien épais étalé sur un carrelage ou un parquet bloque tout de suite la sensation de froid, dans la pièce à vivre comme dans la chambre.

Les rideaux thermiques, quant à eux, sont en tissus épais et isolant. Fermés le soir et la nuit, ils empêchent la chaleur de sortir par le vitrage des fenêtres. On en trouve pour pas cher chez les grossistes de tissus, et ils peuvent aussi séparer des pièces moins chauffées.

Subdiviser le volume à chauffer permet d’économiser. Vous n’avez pas besoin que votre entrée, votre cuisine ou votre chambre soient à 19 °C : fermez les portes, et maintenez ces pièces quelques degrés en dessous, en profitant de la pièce à vivre mieux chauffée.

En parlant températures : visez 18-19°C dans les pièces à vivre, et 16-17°C dans les chambres, SDB et cuisines. Si vous le pouvez, investissez dans une grosse couette en plumes, en laine, en velours ou en polaire (les couvertures Thermolactyl de Damart par exemple)

Quand je vivais en Asie, j’ai dormi par 8°C dans des habitats traditionnels en bois ajouré, ouverts à tous les vents, sous ces fameuses couvertures à motifs en polaire: j’ai tapé mes meilleures nuits et ai dormi comme un bébé

Fermer les volets la nuit permet aussi de gagner quelques degrés. Sur les vitres, un film thermique temporaire peut renforcer l’isolation des fenêtres. Peu répandu en France, c’est très utilisé au Canada, et ça se trouve en magasin de bricolage

Autre idée : placer une panneau réfléchissant (en alu par exemple) entre vos radiateur et le mur. Cette technique permet d’éviter que la chaleur émise ne parte immédiatement dans le mur mal isolé, sans réchauffer la pièce. Au lieu de cela, elle rayonnera vers l’intérieur.

Evidemment, attention à ce que la matière de l’écran réfléchissant ne soit pas inflammable… Ajout de Nel dans un message perso : les réflecteurs de radiateur sont à éviter sur des radiateurs électriques, car il y a un risque de surchauffe, et il faut poser un réflecteur fait pour acheté en magasin après conseil d’un vendeur, pas un réflecteur bricolé maison, pour éviter les risques d’incendie.

Pour les plus motivés (et les plus frileux), il est aussi possible d’isoler ses murs de façon temporaire et même, sous certaines conditions, en location (si, si). Pour cela, on va utiliser la même technique que les van-lifeurs qui isolent leurs camions : le rouleau de liège !

Le liège est un matériau isolant imputrescible, naturel, sain, léger, solide, facile à manipuler, écolo et agréable à regarder. Oui, il est parfait.

Il est tout à fait possible chez vous d’installer ce matériau directement sur le placo, en le découpant aux dimensions voulues. Attention, il se colle, ce qui signifie qu’il faudra quand même le décoller, gratter et repeindre si vous êtes en loc (à moins que le proprio apprécie!)

Il s’installe sur les murs donnant sur l’extérieur. Bonus, c’est aussi un bon isolant phonique, vous pouvez donc le mettre sur les parois qui vous séparent de votre voisin amateur de clarinette nocturne :) et sa faible épaisseur ne vous fera pas trop perdre de place intérieure

Vous pouvez ensuite choisir de le recouvrir avec la finition de votre choix (par exemple un enduit en terre !) mais le laisser nu est tout aussi bien, c’est joli, on peut y punaiser des trucs et c’est agréable au toucher

Comptez 10-15€ du m² pour du 6-8mm d’épaisseur. Attention, le liège en rouleau est moins cher qu’en plaques mais plus difficile à poser, et certains conditionnements et colles lui donnent une mauvaise odeur, bien se faire conseiller en amont

Pour finir, pensez à dépoussiérer vos radiateurs (jusqu’à 10% de gain en rendement) et à porter des vêtements confortables et chauds en plusieurs couches. Les sous-vêtements thermiques notamment sont géniaux, on en trouve chez Uniqlo, Damart, Decathlon…

DEUXIEME PARTIE : choisir son mode de chauffage pour plus d’autonomie et d’économies (si on en a la possibilité et les moyens !)

Actuellement la majorité des logements sont chauffés au radiateur électrique ou alimentés par une ancienne chaudière à gaz ou au fioul. C’est pas la joie sur les factures. Mais des alternatives existent et se développent !

  1. Le poêle. Idéal dans une maison, c’est l’équivalent de la cheminée, avec un rendement très supérieur. Il y en a 3 types : à bois, dans lequel on met des bûches traditionnelles, à granulés, dans lequel on met des pellets de bois condensé, et mixte, qui combine les 2. Le poêle à bois permet une grande autonomie, fait de jolies flammes chaleureuses et est très économique, tandis que le poêle à granulés demande moins d’espace de stockage, a un meilleur rendement et peut être programmé pour un chauffage automatisé. Les poêles mixtes combinent les avantages des 2, en fonction de l’usage, des besoins et des ressources disponibles. S’il s’agit du chauffage principal, on se tourne plutôt vers un poêle granulé ou mixte, plus efficace et plus simple à gérer au quotidien.
  2. la chaudière à bois. C’est le même principe que le poêle à bois/granulés, en + gros et + plus cher. On en installe pour chauffer des logements grands ou collectifs. Certaines d’entre elles peuvent produire de l’eau chaude sanitaire, et ainsi remplacer votre chauffe-eau !
  3. Les chaudières à condensation (bois ou gaz). Ces chaudières récupèrent fumées et vapeur émises pour valoriser leurs calories, et ainsi gagner jusqu’à 30% de rendement, tout en réduisant drastiquement leurs émissions dans l’atmosphère. C’est la technologie la + efficace.
  4. la pompe à chaleur. Ce système fonctionne à l’électricité, avec une unité extérieure qui “pompe” les calories de l’air et les envoie dans les unités intérieures, qui les diffusent dans la maison. Une PAC peut être air-air ou air-eau, pour chauffer de l’eau sanitaire par exemple. C’est un appareil économique à haut rendement, et écologique.

Son fonctionnement peut sembler un peu abscons et complexe à expliquer sur Twitter, c’est pourquoi je vous laisse avec cette vidéo de Jamy qui explique comment ça marche. Merci Jamy !

TROISIEME PARTIE : architecture vernaculaire, éco-construction et chaleur.

Pour conclure ce thread, je vous propose un petit tour d’horizon des techniques “low-tech” développées par nos anciens, ou plus récemment, pour conserver son cocon bien au chaud en hiver.

Le mur trombe. Cette technique de chauffage passive permet d’optimiser l’énergie solaire incidente sur une maison. Il s’agit d’un mur massif à haute inertie, en pierre, en béton ou en terre crue ou cuite, qui va emmagasiner la chaleur le jour, et la rediffuser lentement la nuit.

Placé derrière une vitre, il présente des ouvertures au niveau du sol et du plafond. L’air chauffé par l’interface entre le mur et la vitre exposée monte, aspirant par effet de vide l’air froid intérieur, qui passe par les ouvertures en bas de mur et chauffe à son tour

Sur le seul principe de la serre, on trouve aussi les vérandas et les façades largement vitrées (en double vitrage bien isolé), qui font tampon thermique. Évidemment, ce sont des façades à protéger en été !

L’igloo. Cliché de l’habitat humain en milieu hostile, l’igloo rassemble tous les critères d’un habitat efficace : petit, avec un volume à chauffer simple et homogène, il était fabriqué avec un sas d’entrée opposé aux vents dominants.

Développé jadis par les communautés Inuits comme habitat temporaire pour se protéger du froid en hiver, il était parfois agrémenté de peaux de bêtes, l’ensemble permettant de maintenir une température de 0°C voire légèrement positive, même par des températures extérieures de -40°C.

La neige, du fait de la quantité d’air qu’elle contient, forme un excellent isolant. Dans certaines régions enneigées, des toits plats renforcés étaient conçus exprès pour la retenir, et ainsi renforcer l’isolation au plus froid de l’hiver.

L’isolation en fibre végétale. De tout temps, l’homme a utilisé la fibre pour s’isoler du froid. La chaumière normande en est un très bon exemple : de 30 à 50cm de tiges de roseaux viennent protéger le toit des intempéries et piéger la chaleur à l’intérieur.

Aujourd’hui, le métier de chaumier se développe à nouveau, et les chaumières neuves ou rénovées se multiplient. J’ai moi-même eu l’occasion de participer à une récolte de chaume dans l’estuaire de la Seine, au Havre, dans une des plus grandes roseraies de France.

L’isolation en paille. La plus ancienne maison isolée en paille de France a plus d’un siècle, il s’agit de la Maison Feuillette à Montargis, et elle est en parfait état !

Plus loin de nous, les colons américains ont développé une technique de construction en paille porteuse dans le Nebraska au XIXème siècle, à défaut de trouver du bois de construction dans les grandes Plaines. Certaines sont toujours debout aujourd’hui.

Renouvelable, très bon marché, confortable et saine, l’isolation en paille revient au goût du jour. On sait aujourd’hui la mettre en œuvre sans risque d’incendie, de pourrissement ou d’attaque par les nuisibles.

La paille porteuse (c’est à dire qu’elle joue un rôle structurel) reste plus rare, mais des expérimentations ont lieu pour la démocratiser.

Voilà qui conclue ce thread ! S’il vous a plu, et vous a semblé utile, je vous invite à le RT pour toucher le maximum de personnes qui pourraient y trouver des solutions pour affronter cet hiver, et la crise énergétique que nous traversons.

J’ajoute ce lien posté dans les réponses (histoire de faire d’une pierre deux coups) : Avoir chaud à l’ancienne : chauffer les personnes et non les espaces.

Je re-précise parce que ça ne semble pas clair : ce sont des astuces simples, économiques et rapides à faire soi-même chez soi. Évidemment, si vous en avez la possibilité, faites réaliser une rénovation thermique partielle ou complète sur votre habitation pour un résultat optimal.

Et dernier tip : consultez le classement énergétique de votre logement sur votre bail. S’il est classé G ou F, votre loyer est gelé depuis cet été, et le propriétaire ne pourra plus le louer s’il ne le rénove pas d’ici quelques années.

lundi 5 septembre 2022

Je rejoins Scaleway en tant que Sustainability Lead

TL; DR : je viens de rejoindre Scaleway (groupe iliad) en tant que Sustainability Lead (qu’on pourrait traduire par responsable du développement durable).


Je viens d’atteindre un but très important pour moi.

Je vous explique : ça fait pile poil 4 ans que j’ai reçu un électrochoc qui m’a fait (re-)prendre conscience de l’urgence climatique.

Quatre ans que j’essaye de faire ce que je peux pour que nous puissions prendre collectivement le virage climatique. J’ai changé certaines de mes [habitudes individuelles (par exemple ne plus prendre l’avion pour partir en vacances, aller bosser à vélo), j’ai lancé le podcast l’Octet Vert sur le numérique et le climat pour informer mon secteur économique de son rôle dans la catastrophe qui se déroule sous nos yeux. J’ai publié des articles sur mon blog pour parler du sujet (le déni, le deuil, les vacances à vélo, les week-ends bas-carbone TGV+vélo pliant), tenté d’écrire une fiction utopique pédagogique (pas réussi encore), donné des dizaines de conférences sur le climat et le numérique partout en France, participé à des salons et des ateliers, fait des dizaines de réunions et de mises en contact. Mais voilà, tout cela venait en plus de mon job… qui n’avait rien à voir avec le sujet. Passer à temps plein sur le sujet me tentait carrément, mais ça n’est pas facile. Alors j’avais beau tenir à Unsearch[1], j’ai décidé de mettre en place un processus pour changer de job[2]… Et ça a marché ! Aussi, j’ai le plaisir de t’annoncer, cher lecteur, que j’ai décroché un job de sustainability lead (en français on dirait « responsable développement durable ») chez Scaleway, la filiale Cloud d’iliad (la maison mère de Free). Et bien sûr, j’aurai un pied dans la partie Open Source aussi (on ne se refait pas).

Je n’ai que quelques jours d’ancienneté, mais je suis déjà ravi pour plusieurs raisons. Les collègues sont géniaux, pleins d’énergie, sympas, les locaux au top, le trajet vélotaf magnifique / superbe / enthousiasmant. Mais surtout, le projet d’entreprise est superbe, alliant souveraineté, innovation, transparence, numérique, logiciel, et aussi et surtout une préoccupation autour du climat, de la consommation d’eau et d’énergie, sans oublier la contribution à la société.

Bref, j’ai rejoint une entreprise qui va dans le bon sens face au défi climatique, veut y jouer un rôle de leader de l’industrie et j’y joue maintenant le rôle de chef d’orchestre de ce sujet. C’est un challenge, mais il est bigrement excitant et surtout il m’offre un alignement entre ce qui me préoccupe, ce qui m’intéresse, ce que je sais bien faire, ce dont le monde a besoin et mon emploi ![3]

Notes

[1] Tous mes voeux à la superbe équipe d’Unsearch, à qui je souhaite le meilleur du fond du cœur !

[2] Promis, je vous détaille ça dans un prochain billet !

[3] Pour ceux qui connaissent le concept d’ikigai, ce job le remplit parfaitement pour moi !

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