IA et numérique

  • Microsoft’s “Copilot+” AI PC requirements are embarrassing for Intel and AMD. Microsoft vient de publier les spécifications techniques des futurs PC pour l’IA, appelés “Copilot+”. Voir aussi Que retenir de l’événement “Copilot+ PC” de Microsoft
    • Le souci, c’est qu’une seule puce offre le niveau de performance attendue, et elle n’est pas fournie ni par Intel ni par AMD mais par Qualcomm. Microsoft exige 40 TOPS (Trillion Operations Per Second) Qualcomm offre 45 TOPS, Intel arrive à 10 TOPS et AMD 16 ! Or Qualcomm fait cela avec des processeurs ARM (comme Apple, et les smartphones) alors qu’historiquement, les PC fonctionnent avec une architecture différente appelée X86 (qui dérive des premiers PC à base de processeurs Intel 8086 et dérivés… en 1981). Microsoft produit une version de Windows pour processeurs ARM, mais elle ne fait pas tourner toutes les applications prévues pour X86 et quand elle le fait, c’est émulé, donc ralenti.
    • Les anciens de Microsoft auront sûrement des nuits difficiles quand ils se rappelleront qu’en 2012, Microsoft avait déjà essayé de faire Windows RT, une version de Windows pour processeurs ARM, qui n’aura jamais vraiment décollé. Pour les débutants, rappelons qu’un système d’exploitation n’a pas vraiment d’intérêt en tant que tel, à part faire tourner des applications. Sans cette bibliothèque d’applications, il ne sert quasiment à rien.
  • Pourquoi Apple abandonne son processeur M3 quelques mois après son lancement ? . Il était stupéfiant de voir Apple annoncer son processeur M4 début mai 2024 alors que les premiers Mac équipés de processeurs M3 étaient sortis en novembre 2023. Pour résumer les spéculations (Apple ne communique pas sur le sujet) : le M3 utilise une gravure 3 nm qui n’est pas très fiable et conduit donc à générer beaucoup de processeurs qui ne fonctionnent pas, ce qui coûte cher. Le M4, par contre repose sur une gravure de la même taille mais de “seconde génération” (appelée N3E chez TSMC), plus fiable donc moins coûteuse. Précisons que nm est l’abréviation de nanomètre, c’est à dire un milliardième de mètre. Un nm vaut un millième de micron.
  • How the new Microsoft Recall feature fundamentally undermines Windows security. La killer feature des PC intégrant un processeur capable de faire de l’IA consiste à… espionner l’utilisateur. Le logiciel, activé par défaut dans Windows sur ces machines, prend à intervalle régulier des copies d’écran. Ensuite, il y a reconnaissance des caractères dans ces images, et tout cela est stocker dans une base de données locales (compter 25 Go pour 3 mois de suivi) et permet une recherche locale. Evidemment, si votre PC est piraté (comme des numéros de CB sur les sites d’e-commerce ou des conversations privées sur messagerie chiffrée), beaucoup plus d’informations personnelles sont récupérables par le pirate. Dommage !
  • Je découvre le travail de Duncan Austin, BothBrainsRequired. C’est un penseur systémique qui travaille sur l’écologie. Deux articles intéressants, avec des illustrations en haute résolution :
  • L’IA déconne, et ça n’est pas prêt de s’arrêter. Nouvel épisode : Google hallucine (recommandation de mettre de la colle dans une pizza pour éviter que le fromage ne coule trop, manger au moins un caillou par jour pour avoir des minéraux, utiliser de l’essence dans une recette de pâtes, possibilité de courir dans le vide au-dessus d’une falaise comme Vil Coyote…), La raison est toute simple : il est incapable de reconnaître le sarcasme dans les texte qu’il a pu analyser sur le Web… Pourtant, Google promet que s’il fonctionne dans 80% des cas, il finira par atteindre les 100%. Le professeur émérite Gary Marcus pense qu’ils rêvent. On se rappellera qu’il y a 18 mois, Meta ne faisait pas mieux, avec un chatbot — Galactica — qui citait des papiers scientifiques démontrant qu’on avait étudié scientifiquement la possibilité de manger du verre pilé, “source de silicium bon pour la santé”. Le dit chatbot avait été déconnecté au bout de 2 jours, après cet incident cumulé à des réponses racistes. Quand je revois ces informations, je me demande si nous n’en sommes pas déjà au point d’inflexion de l’IA, un peu comme ce qu’ont vécu les cryptomonnaies et les NFT. (Laissez-moi rêver !). Autre source en anglais. CaféTech en parle aussi en français).
  • J’aime bien Doc Searls. Il vient d’écrire un nouveau billet, The People’s AI. Sa thèse est qu’il faut des IA utilisables par tout un chacun, mais sous la maitrise de chacun. Des IA libres. Pas des IA as a service comme le souhaitent les géants de la tech. J’aime bien l’idée, mais ça ne répond pas au problème de la difficile compatibilité de l’IA avec le besoin de moins utiliser de ressources.
  • Les ‘PC IA’ suscitent l’espoir… de voir la croissance reprendre sur le marché des PC et des smartphones. Un rappel que l’IA est surtout une occasion pour beaucoup non de changer le monde, mais au contraire de faire du business as usual, continuer de rendre obsolète du matériel qui fonctionne pour tenter de réanimer une loi de Moore moribonde ! (Et pourtant, elle nous mène à notre perte…)
  • L’IA est devenue, en 2024, la priorité stratégique des CEO selon Gartner. “87% d’entre eux estiment que les bénéfices de l’IA pour leurs entreprises surpassent les autres risques.” (…) “34% des CEO/PDG affirment que la prochaine transformation de leur entreprise après le numérique sera l’IA, loin devant l’efficacité opérationnelle (9%) et le développement durable (7%)”. Bref, à fond sur l’IA. Les implications environnementales ? L’habitabilité de la planète ? On verra plus tard !
  • « Ça ne sert à rien de féminiser la tech si c’est pour avoir une empreinte carbone énorme »
    • Question d’Usbek et Rica : Le développement rapide des IA, et demain des « superintelligences » artificielles, risque-t-il de renforcer encore davantage cette domination masculine ?
    • Réponse de Marion Olharan Lagan : “Oui, et ce que je trouvais intéressant dans le machine learning, c’est qu’ils vont aller chercher toutes les données qu’ils trouvent sur Internet. Les pays riches ayant eu Internet le plus tôt, cela signifie que c’est très américain et européen. C’est aussi le cas de la Chine, qui a un système assez fermé. Et le jour où ces « superintelligences » seront développées, elles seront nourries à ça. Comme un enfant qui grandit dans un univers il entend tous les jours que le monde est fait par les hommes, pour les hommes. Quand il grandit, il ne faut pas s’étonner qu’il agisse comme ça à son tour. Cette tendance est déjà à l’œuvre mais cela pourrait être de pire en pire. Il faut un sursaut collectif. Il n’aura pas lieu avec des Vivatech où l’on dit que la France doit innover, avoir davantage d’incubateurs et d’entreprises : si c’est sur le modèle de ce qui se passe aux États-Unis, cela ne va rien changer.”
  • Le règlement Général pour l’Écoconception de Services Numériques (RGESN) vient de sortir dans une version 2, et c’est bien ! Comme le dit l’ARCEP, “Tous les métiers liés de près ou de loin du secteur numérique peuvent utiliser le RGESN pour réduire l’empreinte environnementale de leurs services” ;
  • Transphobie chez IBM : j’apprends le décès de Lynn Conway, inventrice de la technologie VLSI. Lynn Conway, au delà d’être à la limite du génie, a vécu un enfer à cause de ses problèmes de genre. Ainsi, IBM a fini par présenter ses excuses pour l’avoir virée pour être transgenre… 52 ans après les faits !.

Politique

  • Je ne vote pas LFI, mais il m’apparaît, en ces temps troublés, qu’il ne faut pas mettre dans le même sac intitulé “Extrêmes” LFI et le RN. Voici donc Pourquoi c’est faux de dire que LFI est un parti d’extrême gauche ?. Explications :
    • Le Conseil d’État, dans sa décision du 11 mars 2024, tranche : La France insoumise, tout comme le Parti communiste français font partie du bloc « gauche », comme l’avait décidé le ministère de l’Intérieur qui attribue les nuances politiques au moment des élections.
    • Lutte ouvrière et le Nouveau parti anticapitaliste sont ainsi classés dans le bloc « extrême gauche ». Alors que, selon l’auteur, LFI serait plutôt « un mouvement réformiste qui ne vise pas une rupture nette avec le capitalisme mais désire plutôt, au moins dans un premier temps, l’adoption de mesures limitant les effets des formes débridées du libéralisme économique actuel ».
    • Par contre, selon la définition de Jean-Etienne Dubois, dans son ouvrage l’Extrême droite française, les partis d’« extrême droite » sont « les organisations qui contestent le système politique républicain et démocratique (anti-électoralisme, antiparlementarisme, aspirations autoritaires, etc.) et/ou le caractère universel des valeurs républicaines de liberté et d’égalité (antisémitisme, racisme, xénophobie, etc.) ».
  • J’aime bien ce billet de Charline Vanhoenacker : J’espère que le rire va couvrir le bruit des bottes !

Vélo

Nouveaux imaginaires

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